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Des droits de la femme
Université Ez-Zitouna — Islam, pluralisme et mondialisation
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 03 - 2010


Du fait du large champ sémiotique qu'il couvre et des interprétations qu'il suscite, le voile a, depuis de nombreuses années, fait l'objet d'une instrumentalisation politique et d'une fétichisation médiatique au Canada, ainsi que dans d'autres pays occidentaux. Cette problématique a été soulevée et débattue à Monastir, jeudi dernier, lors de la conférence donnée et animée par le Pr Patrice Brodeur, titulaire de la Chaire Islam, pluralisme et mondialisation à l'Université de Montréal, sur le thème : «Autour du statut de la femme en Islam». La manifestation était organisée par la Chaire Ben Ali pour le Dialogue des civilisation et des religions, en collaboration avec l'Université Ez-Zitouna et le Palais des Sciences de Monastir. «Le désir de vouloir développer une charte de la laïcité a conduit certains pays à définir les limites du religieux dans l'espace public, a souligné le communicateur, alors que la médiatisation parfois excessive de la question du port du «hijab» n'est, en fait, que le reflet de la perception qu'ont les Occidentaux du voile, traduisant, à leurs yeux, l'assujettissement de la femme à l'homme». Pour le Pr Brodeur, si le «hijab» a depuis des siècles «constitué l'une des principales composantes des pratiques vestimentaires des femmes musulmanes», c'est en raison de l'évocation par le Coran de l'obligation pour la femme de se couvrir certaines parties du corps, donnant lieu, ainsi, à plusieurs lectures et interprétations. «Mais, fait remarquer M. Brodeur, le terme hijab n'est présent dans aucun des trois versets, alors comment expliquer le fait qu'on lui octroie autant d'importance dans les communautés musulmanes et qu'il se soit ancré dans les traditions vestimentaires?» La réponse à ce questionnement est apportée par le conférencier lui-même, qui affirme que si le hijab s'est ancré dans les pratiques vestimentaires et s'est popularisé dans les communautés musulmanes, malgré l'ambiguïté des versets coraniques qui l'évoquent, c'est en raison des Hadiths (paroles et comportements du Prophète, qui servent de modèles pour les musulmans) qui ont servi d'exemples et qui ont permis à un consensus de se développer sur l'obligation de se couvrir la tête, et ce, aussi bien dans le sunnisme que dans le chiisme. Pour l'universitaire, la perception du hijab et des signes vestimentaires qui lui sont apparentés, à travers le miroir de la culture dominante en Occident, donne souvent lieu à des jugements hâtifs et infondés qui rendent nécessaire un dialogue entre groupes musulmans et groupes occidentaux. Un dialogue dans lequel les femmes musulmanes doivent être impliquées. «Un défi actuel consiste à créer les conditions pour qu'un tel dialogue puisse éclore», souligne le Pr Brodeur. Et le conférencier d'expliquer que le port et la perception du voile sont une composante intimement liée au statut de la femme en Islam, qui a été définie, à partir de la lecture des textes sacrés coraniques. Cette lecture a été effectuée à la lumière de plusieurs approches, dont l'approche littéraliste, l'approche historique, l'approche de littéralité, l'approche mystique, l'approche réformiste et l'approche féministe. L'approche littéraliste, par exemple, se baserait sur une lecture qui cherche à respecter le sens du texte coranique sans essayer de l'adapter ou de l'interpréter. Cette approche fait une totale abstraction des conditions dans lesquelles a été énoncé le texte coranique et ses particularités. Et M. Brodeur d'indiquer que «les mouvements politico-religieux qui l'ont adoptée, citent les versets coraniques en toute circonstance et prônent l'application d'une loi (sharî'a) conforme à un code de famille traditionnelle, assorti de l'imposition d'un code vestimentaire unique et la justification de violences conjugales, sur cette base». Lecture du texte coranique : plusieurs approches De son côté,l'approche historique se base sur une lecture des versets à la lumière des conditions historiques de la révélation. Sachant que l'approche de littéralité est une combinaison de celles littéraliste et historique, effectuant une double lecture à la lumière de ces deux approches, en utilisant une double approche mise en place par Al-Ajamî, comportant deux étapes, à savoir la compréhension du sens comme dans l'approche littéraliste et la vérification de la «concordance» et de la «cohérence» du texte avec les circonstances de la révélation (sabab al-nuzûl). Ce sont les deux dernières approches, celles réformiste et féministe, qui font le plus ressortir l'égalité entre les hommes et les femmes, dans l'interprétation des textes coraniques. Citant l'approche féministe, M. Patrice Brodeur a souligne le fait qu'elle part du principe de l'égalité entre homme et femme, en déconstruisant les dynamiques de genre à l'intérieur des sources scripturaires (le Coran et les Hadiths) et en reconstruisant par la suite le sens du texte sacré, afin d'y réhabiliter l'égalité. Avançant une série de recommandations sur la lecture des textes coraniques, à la lumière de différentes approches, le Pr Patrice Brodeur estime qu'il faut briser la relation hiérarchique établie par le choix de certains versets au détriment d'autres, et aller vers l'égalité mutuelle en mettant les versets en lien les uns avec les autres, pour une compréhension d'ensemble, tout en rétablissant la circularité du texte sacré par le principe de l'interdépendance, et surtout prendre en considération le regard féminin pour l'interprétation des textes sacrés. Et le chercheur de conclure‑: «Si, selon le philosophe Paul Ricoeur “L'unité finale du vrai, c'est l'esprit même de la raison” et que la raison est au cœur du message divin coranique telle que proposée dans une lecture féministe des sources scripturaires sacrées en Islam, la poursuite de la règle des trois C, à savoir revoir le concept originel du dual (zouaj), établir une corrélation entre ce concept et celui d'égalité parce qu'ils forment une paire et revisiter le concept de qawwama, peut s'avérer une avenue fructueuse pour une collaboration plus étroite entre penseurs et acteurs musulman(e)s et non-musulman(e)s». Et ce, afin d'améliorer et de promouvoir les droits de la femme de par le monde.

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