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Comment la télévision sensibilise les Tunisiens à l'impératif électoral et démocratique.. Apologie de l'inculture ; faste des jeux de la chance et du hasard et instrumentalisation des malheurs d'autrui
Publié dans Le Temps le 06 - 08 - 2014

Il va sans dire qu'à travers son rôle informatif, les médias assurent une fonction pédagogique évidente en faveur de leurs récepteurs, en ce sens qu'ils agissent à la manière d'un enseignant prodiguant un enseignement à des apprenants attentifs. En effet, en informant les gens sur ce qui se passe aussi bien chez eux qu'au-delà de leurs frontières, les médias participent à leur expliquer cette réalité complexe aux dimensions variées et à la leur faire appréhender sous tous ses aspects. Autrement dit, ils les instruisent sur tous les domaines de la vie dans le but de leur permettre une meilleure prise de conscience de cette réalité dans laquelle ils évoluent et d'avoir prise sur elle. Mais c'est surtout en période électorale que le besoin se fait sentir pour ces médias éducateurs. Cependant, comme la télévision est le média le plus populaire, son rôle, à ce niveau, reste le plus important. Cette vocation qui est, normalement, la sienne, est-elle respectée? Nos chaînes de télévision apportent-elles leur contribution à cet effort collectif de reconstruction ? Ou bien, au contraire, elles manquent à ce devoir et agissent à contre-courant?
Promotion de l'inculture
Un regard sur les programmes diffusés par nos chaînes de télévision nous laisse persuadés du contraire. Effectivement, il n'est pas difficile de constater que, généralement, il n'y a pas eu de changement au niveau de la conception des programmes depuis la chute de Ben Ali. La médiocrité et la platitude y règnent en maîtres absolus comme jadis. La seule innovation réside dans les plateaux politiques qui sont l'apport de la Révolution et nullement de nos télévisions qui continuent à enseigner la frivolité, voire l'ineptie à travers des programmes médiocres où on fait venir des gens désespérés ou démunis pour exploiter leurs misères et leurs malheurs et en faire une matière médiatique et un buzz. Ces spectacles sont tellement cyniques que la HAICA était intervenue pour sanctionner l'émission « andi mankollek » (j'ai quelque chose à vous dire) où l'animateur a fouiné dans le passé intime d'une dame et l'a exposé en public, portant ainsi atteinte à sa dignité et enfreignant par là aussi bien les dispositions du décret-loi 116 que les règles de la morale les plus élémentaires qui n'ont pas besoin d'être codifiées et consacrées par la loi pour être respectées. Même les émissions dites récréatives cultivent, pour la plupart, la platitude, et sont plutôt rébarbatives par la matière présentée et le niveau de leurs invités. Elles sont une répétition sempiternelle des mêmes méthodes de travail et des refrains et décors éculés et manquent, cruellement, de créativité. Quant aux programmes purement instructifs, ils sont quasiment absents de nos télévisions, et même la seule émission culturelle de Fraj Chouchène était arrêtée dans le cadre d'une transaction passée entre l'autorité de tutelle et les sitinneurs de la télévision nationale. Pour s'en aller, ces obscurantistes en auraient exigé la suppression. Voilà comment on troque la culture contre l'ignorance rien que pour faire plaisir à ces ennemis du savoir. Il est rare de trouver, sur nos chaînes de télévision, des émissions s'intéressant à la science, à la découverte scientifique, à la pensée humaine, à l'éducation civique, à la vie culturelle et artistique... Au lieu de cela, on vous présente, par exemple, la « médecine spirituelle » pour mieux vous initier à la spiritualité et à la vie immaculée, loin des impuretés du monde ici-bas. Donc, excepté les quelques rares émissions, toutes les autres inculquent la médiocrité et font en sorte que les esprits restent étriqués comme ils l'ont toujours été, faisant comme si le vent d'un certain 14 Janvier n'avait pas soufflé sur elles, ni ne les avaient secouées.
Valeurs bafouées
L'une des réminiscences de ce passé désolant et morose, ce sont les émissions du jeu et du hasard, ce « casinos populaires » qui s'invite chez vous pour laisser sommeiller votre intelligence. Elle revient au galop pour annoncer que ce passé qu'on croyait révolu ne nous a jamais quitté, qu'il était temps de nous remettre de nos émotions et que la Révolution n'était qu'une mauvaise parenthèse qu'on a gommée. Cette émission cultive, en quelque sorte, la négation de l'une des valeurs de cette Révolution trahie, à savoir le TRAVAIL. Le droit au travail, rappelons-le pour ceux qui sont frappés d'amnésie, était l'une des majeures revendications du slogan central de la Révolution qui était scandé à pleins gosiers par les millions de Tunisiens qui sont descendus dans la rue et pour lequel plusieurs d'entre eux étaient soit assassinés, soit blessés. A la place de glorifier cette valeur humaine suprême qui est accomplissement de l'humanité de l'homme, au lieu d'ancrer dans les mentalités l'importance de cette valeur qui a permis à ce dernier d'atteindre ce stade très avancé sur le plan civilisationnel, on essaye d'y faire loger la paresse et l'amour de l'oisiveté par le biais de la loterie. Un tel procédé a le mérite, pour ses bénéficiaires, de faire détourner les gens du travail et de les amener à courir après le gain facile et la fortune, c'est-à-dire après des chimères. Les quelques dizaines de gagnants par an leur servent d'appâts qui leur font miroiter un trésor inaccessible et un bonheur fallacieux. Ainsi, il y aurait de moins en moins de demandeurs d'emploi, ce qui serait de nature à résoudre le problème du chômage, ne serait-ce que partiellement et momentanément, le temps de la mystification et de l'aliénation.
L'arnaque par sms
Le décret 20-1974 interdit les opérations de loterie le les jeux similaires qui sont de nature à piller les citoyens et à permettre l'enrichissement sans cause. Ces mêmes interdictions étaient consacrées par la législation française en 1863. Certains médias violent au su et au vu des autorités, ces prohibitions expresses en s'enrichissant aux dépens des gens de conditions modestes et qui sont dans la précarité. Ils tirent profit de leur désespoir et de leur manque de conscience. Il est à souligner, par ailleurs, que les jeux publicitaires doivent être, nécessairement, gratuits conformément à la loi 62-2002 relative aux jeux promotionnels. En ce sens que les jeux qui procurent de grandes quantités d'argent par le biais des sms sont, strictement, interdits par la législation tunisienne, mais ni le ministère du commerce, ni le ministère de l'intérieur, ni le ministère des finances, ni le ministère de la justice ne bronchent face à ce délit grave perpétré à l'encontre des gens qui ne réalisent pas l'ampleur, ni les conséquences néfastes de leurs actes et que l'Etat est censé protéger contre ces arnaqueurs. Le ministère du commerce s'est contenté, sur son site, de faire référence à ces textes prohibant l'escroquerie sans œuvrer à les appliquer. Toutefois, les autorités politiques ne sont pas les seules sollicitées, à ce propos, la HAICA, en tant qu'instance de régulation de l'audiovisuel devrait jouer un rôle à ce niveau pour lutter contre ces pratiques malsaines tendant à faire des Tunisiens des accros aux jeux d'argent et du hasard, des êtres oisifs et vivant dans l'espoir de gagner, un jour, la cagnotte, c'est-à-dire en caressant des illusions. Les médias poursuivent la politique de désertification culturelle et politique chère à Ben Ali et les autorités font comme si de rien n'était. La conception en est toujours la même, il n'y a ni recherche, ni inventivité, ni rénovation. On s'en ennuie comme d'habitude et s'en blase comme à l'ancienne époque. Est-ce avec des émissions enseignant l'inculture, sapant les valeurs et cultivant la médiocrité que les téléspectateurs vont apprendre à devenir de bons citoyens ? Est-ce de cette manière que nous allons les responsabiliser ? Est-ce avec des programmes pareils qu'on va pouvoir préparer les électeurs à des élections décisives ?


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