Guerre au Moyen-Orient et sécurité énergétique en Tunisie: d'une vulnérabilité subie à une stratégie d'indépendance    Météo en Tunisie : légère hausse des températures au Nord et au Centre    Tunisie : Explosion des exportations d'huile d'olive    Philippe Garcia annonce la participation active de la Tunisie à quatre événements majeurs    Tuberculose en Tunisie : 80 % des 1 500 cas annuels d'origine animale    75 % des médicaments en Tunisie sont fabriqués localement    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Tunisie au cœur des grands rendez-vous franco-africains en 2026    Moyen-Orient : les événements internationaux de 2026 maintenus, assure l'ambassadrice    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Riadh Zghal - Des statistiques: l'image brute d'une réalité complexe    Kaïs Saïed met le focus sur les salaires et les pensions des retraités    Météo en Tunisie : pluies et vents au rendez-vous, vigilance sur les côtes    Tunisian Water Days 2026 : La Tunisie célèbre la 1ère édition des journées de l'eau du 22 au 26 mars    Désertif'actions: un sommet important à Djerba    Trump reporte les frappes sur l'Iran : un répit diplomatique qui apaise les tensions    Chilly-Mazarin réélit Rafika Rezgui, mairesse d'origine tunisienne    Météo en Tunisie : temps nuageux sur l'ensemble du pays    Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste de France, est décédé    Le fenugrec ou helba: Une graine ancestrale aux vertus multiples    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Lors d'un échange avec Emmanuel Macron: Kaïs Saïed appelle à réviser l'accord de partenariat avec Union européenne et à récupérer les fonds détournés    Mondher Mami: Le métronome du protocole    Aïd El Fitr: Leaders vous souhaite une fête de joie, de partage et d'espérance    Festival International de Cerfs-Volants en Tunisie : Tout savoir sur l'édition 2026 portée par les vents de la mer et le Sahara    Le Galaxy S26 Ultra intègre le premier 'Privacy Display' de Samsung, directement intégré à l'écran    Météo en Tunisie : temps nuageux sur tout le pays    Tunisie – Grâce présidentielle : libération de 1473 détenus à l'occasion de Aid El Fitr et la fête de l'indépendance    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    Saison Méditerranée 2026 : une place de choix à la Tunisie en France avec plusieurs programmes    Le paradoxe de la « qualité » académique : standardiser l'enseignement supérieur, à quel prix ?    Comprendre le Moyen-Orient, ce foyer de crises    Marie Curie: Une figure scientifique emblématique et un modèle pour toutes les femmes    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Ramadan 2026 : les génériques des feuilletons tunisiens Hayat et Bab LeBnet signés Karim Thlibi séduisent les téléspectateurs    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Mondher Msakni: L'orfèvre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La classe moyenne rétrécit comme une peau de chagrin... Elle ne représente plus aujourd'hui que 53% contre 84% en 1984 et 70% en 2010
Publié dans Le Temps le 19 - 09 - 2014

Loyers, impôts, frais de scolarité, produits de base de plus en plus chers...Les charges de la classe moyenne sont de plus en plus lourdes. Sur le plan salarial, rien ne bouge depuis presque deux ans. Du coup, c'est le pouvoir d'achat de la majorité des Tunisiens qui s'érode, année après année. Un récent sondage de l'Observatoire de protection du consommateur et du contribuable révèle que la paupérisation rampante de la classe moyenne est bien réelle. Il souligne, en effet, que 47% des salariés dépensent la totalité de leurs revenus entre les 12 et 13 de chaque mois.
Ce même sondage fait ressortir que 17% des familles tunisiennes ne consomment pas de la viande et 38% des familles tentent de faire leurs provisions dans les espaces commerciaux spécialisés dans la vente du producteur au consommateur pour tenter de juguler la flambée des prix des denrées alimentaires.
Selon les dernières données l'Institut national de la statistique (INS), la classe moyenne ne représente plus actuellement que 53% de la population tunisienne, contre 84% en 1984 et 70% en 2010.
Selon le ministère des Finances, la classe moyenne tunisienne regroupe 1,9 million de travailleurs répartis entre le secteur public, les professions libérales et le secteur privé. 60% d'entre eux perçoivent un salaire inférieur à 800 dinars par mois, et 33% touchent un salaire mensuel de moins de 400 dinars.
Appellation non contrôlée
Certains experts estiment en revanche que ce chiffre de 1,9 million de travailleurs est exagéré dans la mesure où la proportion des travailleurs touchant moins de 400 dinars par jour ne peuvent plus désormais figurer dans la classe moyenne.
L'Universitaire et spécialiste des risques financiers, Mourad Hattab rappelle, dans ce cadre, que la classe moyenne se caractérise selon les normes internationales par les personnes ayant un pouvoir d'achat journalier compris entre 8 (14,2 dinars par jour ou 426 dinars par mois) et 20 dollars (35,5 par jour ou 1065 dinars par mois) en parité du pouvoir d'achat.
En effet, les instances internationales évoquent souvent l'existence de trois couches dans la classe moyenne. Il s'agit premièrement de la classe moyenne inférieure ou vacillante, dont la capacité journalière de dépenser est comprise entre 5 et 8 dollars et qui peut facilement basculer dans la classe pauvre. La deuxième couche est la classe moyenne intermédiaire qui est capable de dépenser quotidiennement entre 11 et 15 dollars alors que la troisième couche de la classe moyenne supérieure qui a une capacité de dépenser est située entre 16 et 20 dollars /jour.
Pour l'économiste Baccar Gherib, la notion de classe moyenne a toujours été «particulièrement floue et extensible ». Ce professeur d'économie à l'Université de Jendouba explique dans son ouvrage «Les classes moyennes tunisiennes entre mythe et réalité» publié en 2012 que la difficulté à déterminer précisément le périmètre dette classe provient du fait que «cette appellation non contrôlée évoque plus souvent une catégorie fourre-tout ou un slogan politique qu'un concept socio-économique répondant à un minimum de rigueur scientifique».
Précarité de l'emploi et chômage
Pour M. Gherib le rétrécissement de la classe moyenne a commencé en 1986, quand la politique sociale de l'Etat tunisien en matière de subventions, d'allocations, d'aides est passée de générale à ciblée.
«La classe moyenne a été lésée par cette inflexion de la politique sociale et le ciblage des plus défavorisés depuis la mise en œuvre du Plan d'ajustement structurel (PAS) et l'approfondissement du choix libéral, axé sur les exportations, durant les années 1990. Cette période a vu, de même, la prolifération des contrats à durée déterminée (CDD, seuls contrats possibles dans les zones off-shore) aux dépens des contrats à durée indéterminée (CDI), ce qui fragilise encore plus le salariat», souligne-t-il. Et d'ajouter : «Le phénomène aux effets déstabilisateurs les plus importants pour les classes moyennes est le chômage des diplômés de l'enseignement supérieur. Une étude réalisée conjointement par la Banque mondiale et le ministère de l'Emploi montre que, trois ans après l'acquisition de leur diplôme, 45 % des jeunes diplômés sont encore au chômage. Cette évolution inédite jusque-là a frappé au cœur le modèle de promotion sociale qui a vu, durant les trois premières décennies de l'indépendance, tant l'accroissement numérique que la victoire symbolique des classes moyennes en Tunisie ».
D'autres experts estiment que la pression fiscale sur les salariés qui ne cesse d'augmenter (80% des impôts directs proviennent des salaires actuellement) a également contribué à réduire le périmètre de la classe moyenne. Dans ce chapitre, les récentes mesures prévues par la Loi de Finances complémentaire pour l'exercice 2014 et relatives au passage de 68 secteurs d'activité du régime réel d'imposition au régime forfaiture n'ont certainement pas amélioré les choses.
À moyen terme, la classe moyenne pourrait encore pâtir de la profonde réforme annoncée de la Caisse générale de compensation (CGC).


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.