Une première à l'ESS ! Le président du club déclare forfait pour le match de cet après-midi (CSHL-ESS) en signe de contestation contre les sanctions infligées par la LNFP . Il va sans dire que la décision a été mûrement réfléchie par les membres du comité directeur du club sahélien, tant les risques pris et les sacrifices envisagés sont importants. Pour autant, forts de leur conviction que leur club fait « implicitement l'objet d'une manœuvre d'intimidation voire de déstabilisation tout simplement parce qu'on est un concurrent direct et sérieux pour le titre » (dixit un membre du CD) les responsables entendent en déclarant forfait alerter l'opinion publique sur la gravité de la situation d'un secteur comme celui du sport en général et le football en particulier. Le mutisme des instances du foot A ce titre d'ailleurs, la réaction du public ne s'est pas fait attendre à l'annonce de la décision de bureau directeur de l'ESS. Dans les rues et les cercles de discussion à Sousse, on débatte du sujet et si le public étoilé dans sa majorité soutient le CD, il n'en reste pas moins vrai qu'une bonne frange de ce public demeure d'accord sur le fond mais moins sur la forme de la voie à emprunter par le CD du club. C'est dans cet ordre d'esprit que nous avons posé la question à un ancien président de la FTF, de l'Etoile et figure du monde judiciaire pour avoir été Bâtonnier de l'ordre des avocats en Tunisie, Me Abdejelil Bouraoui. Pour l'ancien dirigeant, il n'y a le moindre «On n'a jamais cessé depuis des années d'attirer l'attention des responsables en charge du football en Tunisie sur la gravité de la situation dans ce secteur, mais le laxisme de ces dirigeants n'a fait que compliquer les choses. Pour tout dire, l'injustice dont l'ESS est victime ne date pas du dernier match , il faut remonter à ce qui s'est passé à Kairouan lors d'un JSK-ESS , il y a deux ans pour comprendre comment de tels faits demeurent dans l'impunité totale , résultat de ce laxisme des personnes chargées de gérer le secteur. Et si le phénomène s'est amplifié notamment après la révolution c'est qu'implicitement rien n'a été fait en ce sens pour arrêter l'hémorragie ». Quant à la position d'un ancien président à propos d'une décision prise l'actuel CD de l'ESS, Me Abdejelil Bouraoui se garde d'interférer tant ce BD est plus à même d'apprécier la situation en cours, cela étant , conclut-il «Après une semaine mouvementée au niveau de la rue dans tout le Sahel, et après une reconnaissance tacite des faits et leurs conséquences comme sanctions, comment voulez-vous demander aux Etoilés d'aller à Hammam-Lif pour jouer le match ? ». Si pour la LNFP sanctionnait les victimes sans se soucier le moins du monde de celui par qui le mal est arrivé, est « leur manière de faire », force est souligner le mutisme assourdissant des autres organes en charge du secteur. Ainsi va le football en Tunisie.