Pilier de l'économie nationale, les exportations tunisiennes qui ont toujours résisté aux chocs enregistrent au terme des 9 premiers mois de l'année en cours une baisse de 2,5%. Outre les produits agricoles et agroalimentaires, nos exportations connaissent une nette régression dans tous les secteurs d'activité. Une mauvaise passe pour l'économie nationale qui cherche désespérément de se remettre sur les rails. En dehors d'un léger allégement du déficit commercial les fondamentaux du commerce extérieur ou de nos échanges avec l'extérieur sont alarmants. Selon l'Institut National de la Statistique (INS) les exportations ont atteint au terme du troisième trimestre 2015 une valeur de 20330,0 MDT contre 20849,4 MDT, soit une baisse de 2,5%. Ainsi, et après la baisse des investissements, de la production et la crise du tourisme c'est autour des exportations de subir les contrecoups d'une économie en convalescence. Contrairement aux apparences, à savoir l'allégement du déficit commercial pour atteindre 9268MDT à fin septembre 2015 contre 10545,3 MDT une année auparavant et 8743,8MDT en 2013, le taux de couverture des importations par les exportations reste très faible ne dépassant pas les 68,7%. Il faut dire que mise à part l'expansion vertigineuse de nos exportations agricoles, lesquelles ont augmenté de 114,9% au terme du troisième trimestre de l'année en cours contre un fléchissement de 28,5% enregistré une année auparavant, les secteurs naguère appelés les secteurs des 50 en terme de création de richesse et d'emplois se dégringolent. Nous parlons bien sûr du secteur du textile-habillement du cuir et des chaussures et du secteur des industries mécaniques et électriques. Une baisse de 8,1% des exportations du textile-habillement du cuir et des chaussures a été enregistrée. Une régression qui ne surprend pas pour un secteur frappé de plein fouet par la crise accentuée par les produits Chinois qui inondent le marché, la concurrence turque et l'invasion du marché parallèle. Plusieurs usines ont fermé boutique après la révolution. La baisse de la demande européenne, les difficultés structurelles et conjoncturelles dont souffre l'entreprise tunisienne et l'évolution de la conjoncture économique dans son ensemble continuent de pénaliser les exportations tunisiennes. Le secteur des industries mécaniques et électriques ne résiste pas également aux chocs et subit à son tour une régression de 0,1% de ses exportations. Par ailleurs, la chute la plus remarquable des exportations revient aux secteurs de l'énergie et lubrifiants (-51,7%) et mines et phosphates (41,3%). Une chute expliquée par la baisse de la production et par l'impact des grèves et sit-in observées dans les entreprises du secteur. D'ailleurs toujours selon le bulletin de l'INS, hors énergie, les prix ont augmenté de 5,1% à l'export et de 1,0% à l'import du fait que les prix de l'énergie ont enregistré des baisses de l'ordre de 26,9% à l'export et 22,3% à l'import par rapport a la même période de l'année 2014. L'heure n'est plus aux atermoiements, les exportations tunisiennes se sont toujours érigés en barrage et soutien pour éviter au pays le pire ou encore la dépression économique. Si, ce secteur pilier et moteur de la croissance en Tunisie ne retrouve pas sa vitesse de croisière d'ici la fin de l'année, les prévisions de croissance tomberont encore une fois à l'eau.