Les dernières statistiques de la BCT sur la conjoncture nationale notamment sur l'approfondissement frappant du déficit commercial, lequel vient d'être confirmé par le bulletin mensuel de l'Institut National de la Statistique qui affiche un solde commercial négatif de 10545,3MDT au terme des 9 premiers mois de l'année en cours contre un déficit de 8813 MDT enregistré au cours de la même période de l'année 2012 et de 8743,8 MDT enregistrés en 2013. Le taux de couverture ne cesse de se détériorer pour retomber au niveau des 66,4% contre 75,1% réalisés en mois de novembre 2011, soit une baisse de 8,7 points en 3 ans d'activité commerciale à l'extérieur. En attendant la formation du nouveau gouvernement, la situation stagne et devient de plus en plus préoccupante et la balance de paiement crie haro. Entre la lutte contre le terrorisme et la nécessité cruciale à pouvoir redresser une situation économique au plus bas, le prochain gouvernement est à plaindre. Selon le dernier bulletin de l'INS, les échanges commerciaux avec l'extérieur ont enregistré en volume une baisse à l'export de 3.6% et une augmentation de 0,5% à l'import. L'INS explique cette évolution par une augmentation enregistrée au niveau des prix à l'export de 3,9% et une augmentation à l'import de 5,6%. En valeur, les exportations ont atteint 20849,4 MD, soit en baisse de 0,1% par rapport aux 9 premiers mois de l'année 2013. Malgré une infime appréciation du dinar, les termes de l'échange ne s'améliorent pas. Les termes de l'échange sont à 97,7. Cette dégradation des termes de l'échange fait montre d'une faible élasticité de la demande du « made in Tunisia ». Une demande qui risque de se rétrécir davantage surtout après la baisse hier des prévisions de croissance de la Commission européenne pour l'Union Européenne et surtout pour la France, premier partenaire économique et commerciale de la Tunisie. Un tableau sombre qui vient amincir les chances d'une reprise des exportations tunisiennes au cours du dernier trimestre de l'année en cours voire au cours de l'exercice prochain. Les programmes électoraux des partis politiques faisaient peu cas du problème tragique du déficit commercial. A part quelques « rafistolages » parfois insensés préconisés par les partis politiques à savoir la limitation des importations des voitures au cours des 5 prochaines années voire la suspension des importations au cours de l'exercice 2015, les autres programmes parlent de diversification des marchés cibles et misent sur le Continent Noir pour promouvoir les exportations tunisiennes. Or aujourd'hui le déficit de la balance commerciale flirte avec la zone rouge. Et au moment où les élections s'accaparent la scène médiatique et politique faisant fi de tout le reste, l'instant immédiat exige une prise de conscience aigüe. Lexique : les termes de l'échange Les termes de l'échange : En économie internationale, les termes de l'échange désignent le pouvoir d'achat de biens et services importés qu'un pays détient grâce à ses exportations1. L'indice des termes de l'échange le plus courant mesure le rapport entre les prix des exportations et les prix des importations. Une augmentation de cet indice correspond à une amélioration des termes de l'échange : par exemple, un pays vend plus cher ses exportations pour un prix à l'importation constant. Inversement, une diminution de l'indice correspond à une dégradation des termes de l'échange. L'évolution des termes de l'échange ne détermine pas seule l'évolution de la balance commerciale, qui reflète à la fois des prix et des volumes.