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Le
Publié dans Le Temps le 11 - 01 - 2007

Une démission surprise (encore une !) dans l'entourage du président américain George W. Bush: celle de John Negroponte, numéro un des services de renseignement (Director of National Intelligence). Depuis sa nomination en grande pompe à ce poste en avril 2005, Negroponte avait essayé de superviser et de coordonner le travail des 16 agences fédérales travaillant dans le domaine du renseignement.
Visiblement sans succès...
Annoncée le 5 janvier, alors que le chef de la Maison Blanche s'apprêtait à présenter une (énième) «nouvelle stratégie de victoire en Irak» - reste à savoir de qui, Moqtada Sadr ou Khamenei ?) -, la démission de Negroponte n'est qu'un nouvel épisode de la crise patente des services de renseignement américains, mais aussi de l'administration Bush dans son ensemble, qui continue d'aller de mensonge en demi-vérité et d'erreur en fourvoiement dans une obstination quasi-autiste.
On remarquera aussi, au passage, qu'avec la démission de Negroponte, ex-ambassadeur en Irak désormais appelé à seconder Condoleezza Rice au département d'Etat, le chef de la Maison Blanche continue de prendre ses distances de la cohorte des ''néo-cons'', ces néo-conservateurs qui l'ont poussé, ainsi que l'US Army, dans le bourbier irakien. Mais en «s'effeuillant» ainsi, méthodiquement et à intervalle régulier, dans une sorte de strip tease politique, le président républicain apparaît de plus en plus nu et vulnérable aux yeux de ses compatriotes et du reste du monde.
Pour saisir l'ampleur de la crise dans laquelle se débat l'exécutif américain depuis qu'il a pris le risque d'envahir l'Irak, en mars 2003, il suffit d'examiner la liste des hauts responsables démissionnaires, «démissionnés» ou poussés (gentiment) vers la porte, fusibles commodes pour certains, chats échaudés pour d'autres, tous passagers d'un navire qui tangue dangereusement et que menace un naufrage de plus en plus certain.
Nous nous sommes d'ailleurs amusés à compter ces «victimes collatérales» d'une guerre aussi sanglante qu'inutile. Et qui est en passe d'échapper à tout contrôle et de dégénérer en une violence aveugle. Même si on n'a répertorié ici que les personnalités limogées ou «démissionnées» pour des raisons (directement ou indirectement) liées à la situation en Irak, la liste des partants apparaît déjà très longue et il n'est pas sûr qu'elle s'arrêtera de sitôt.
Chronologie de l'un des strip tease politique les plus spectaculaires de ce début du 21ème siècle, que d'aucuns liront aussi comme une chronique du déclin de l'empire américain.

- 26 mars 2003
Richard PERLE, principal idéologue et stratège de la guerre en Irak, président depuis juillet 2001 du Defense Policy Board (DPB), conseil politique du Pentagone, démissionne en raison de son implication dans des sociétés ayant profité de la guerre et de la sécurité du pays. Telles que la société Trireme Partners L.P., fondée peu après le 11 septembre 2001 dans le but de profiter directement de la peur du terrorisme, et Global Crossing, compagnie de télécommunication en faillite, qui a cherché à profiter de la guerre en Irak - avec l'aide intéressée de Perle - pour se refaire une santé.
En tant que président du DPB, celui qui était surnommé «le prince des ténèbres» n'était pas rétribué mais il avait accès aux projets du gouvernement et pouvait mettre à profit ses connaissances pour faire des affaires. Sa démission avait surtout pour but de protéger d'autres membres du gouvernement dont les liens avec l'industrie sont plus qu'évidents, comme le vice-président Dick Cheney. La société Halliburton, que ce dernier avait dirigée après la première guerre en Irak alors qu'il était ministre de la Défense de Bush père, s'était vue confier, après la chute de Bagdad, la mission d'éteindre les puits de pétrole irakiens en feu.
Perle était aussi connu pour ses penchants sionistes et son activisme au sein du lobby pro-israélien. Il a fut d'ailleurs un membre actif de la Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA), qui a été fondé en 1976 par des néo-conservateurs inquiets à l'idée que les USA pourraient ne plus être en mesure de venir en aide à Israël dans l'hypothèse d'un nouveau conflit avec ses voisins arabes.

- 11 mai 2003
le général Jay GARNER, arrivé à Bagdad le 21 avril, avec pour mission de diriger la reconstruction et l'aide humanitaire en Irak après la chute de Saddam Hussein, est brutalement remercié après seulement trois semaines. Washington était alors secoué par le refus de nombreux alliés de participer à l'occupation du pays et l'administration Bush se déchirait à propos de la marche à suivre. Proche du secrétaire à la Défense, aux côtés duquel il siégea dans diverses commissions, le général Garner fut sacrifié par la Maison-Blanche pour apaiser le département d'Etat. C'est Paul Bremer qui lui succéda.
Dans un entretien accordé à Greg Palast pour la BBC, le 19 mars 2004, le général a expliqué que les Etats-Unis ne voulaient pas libérer l'Irak, ni le désarmer, mais simplement y installer des bases militaires permanentes et s'emparer des réserves pétrolières. Il a ajouté que la feuille de route qui lui fut remise à sa nomination par Donald Rumsfeld, chef du pentagone, avait été rédigée en ce sens dès l'arrivée de Bush à la Maison-Blanche. Obnubilée par ces objectifs, la coalition ne s'est guère préoccupée des secours d'urgence ni de la démocratisation. La suite on la connaît...

- 3 juin 2004
démission de George TENET de son poste de directeur de la CIA, officiellement pour des «raisons personnelles». En fait, cette démission a fait suite à la mise en cause de l'agence de renseignement pour son incapacité à prévenir les attentats du 11 septembre 2001, pour avoir fourni les informations erronées sur les armes de destruction massive en Irak et pour son rôle dans les tortures infligées aux prisonniers irakiens à la prison d'Abou Gharib.
Souvenons-nous: l'ex-secrétaire d'Etat Colin Powell avait défendu à l'ONU, en février 2003, l'existence des armes de destruction massive en Irak sur base d'un rapport de la CIA qui s'est révélé peu crédible. Depuis, le secrétaire d'Etat n'a cessé de presser Tenet de rendre des comptes à ce sujet.
Nommé à son poste par le président démocrate Bill Clinton, le 11 juillet 1997, Tenet y a été maintenu par le président républicain Bush jusqu'à sa démission, sept ans plus tard. Il semble avoir été sacrifié par l'administration Bush au moment où ce dernier était au plus bas dans les sondages à cinq mois de l'élection présidentielle qui allait lui permettre de remporter un second mandat.

- 28 juin 2004
le proconsul américain Paul BREMER quitte Bagdad, presque en catimini, après avoir remis le pouvoir au gouvernement d'Iyad Allaoui. Celui qu'on appelait, entre autres surnoms, le «vice-roi d'Irak» était arrivé le 11 mai 2003 dans un pays fraîchement libéré de la dictature de Saddam Hussein. Accueilli en sauveur après la brève et calamiteuse gestion du général Jay Garner, ce diplomate néo-conservateur n'a pas tardé à devenir pour bon nombre d'Irakiens le symbole de l'oppression américaine, au point de se voir affublé du sobriquet de «Saddam Bremer». Il est vrai que les 414 jours durant lesquels il a présidé aux destinées de l'Irak ont été jalonnés de décisions souvent contre-productives, dont les Irakiens n'ont cessé de subir les conséquences désastreuses. Première grosse erreur: il a signé le décret de dissolution de l'armée de Saddam, privant ainsi plusieurs centaines de milliers de soldats de leur solde et jetant nombre d'entre eux dans les bras de la résistance encore naissante. Deuxième grosse erreur: il a supprimé les services de renseignement de l'ancien régime, se privant ainsi de toute source d'information sur cette même résistance. Troisième grosse erreur: il a lancé, sur les conseils d'Ahmed Chalabi - l'homme du Pentagone tombé par la suite en disgrâce -, une vaste campagne de «débaathification» au sein du service public irakien, mettant ainsi sur le carreau quelque 30 000 fonctionnaires, dont beaucoup ont fini par porter les armes contre les nouveaux oppresseurs. Least but not least, Bremer a ouvert un nouveau front en jetant dans la dissidence les partisans du chef rebelle chiite Moqtada al-Sadr...
Autant dire qu'il a laissé le pays à feu et à sang.

- 15 novembre 2004
démission du secrétaire d'Etat Colin POWELL. Cet ancien chef d'Etat major de l'US Army, devenu de 65ème secrétaire d'Etat, poste qu'il occupa officiellement du 20 janvier 2001 au 26 janvier 2005, a longtemps représenté l'archétype du libéral-modéré américain coincé au coeur d'un tourbillon de surenchères maximalistes, tentant tant bien que mal de maintenir un cap raisonnable dans la tradition de modération du département d'Etat.
Premier noir américain à se voir confier la tête de diplomatie américaine, Powell avait de profondes divergences avec le président Bush sur la guerre en Irak, mais il n'a jamais essayé de profiter de sa popularité pour faire reconnaître sa différence et imposer sa marque sur la politique extérieure du pays, se contentant, finalement, de se plier aux désirs du président. Il s'était ainsi couvert de ridicule en présentant, le 5 février 2003, devant le Conseil de Sécurité de l'Onu, les pseudos preuves sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Cette présentation, en grande partie fausse, fait «tache» dans sa carrière. Pour le moins que l'on puisse dire...

- 27 janvier 2005
démission de Douglas FEITH, sous-secrétaire d'Etat à la Défense, et principal architecte de l'après-guerre en Irak, officiellement pour des raisons familiales. Feith, un ultra néo-conservateur, était au cœur de ''L'Affaire Franklin'', du nom de Larry Franklin, cet ancien analyste du département de la Défense qui a longtemps travaillé pour le bureau de Feith et qui fut une taupe à la solde des services secrets israéliens. Franklin avait ainsi livré aux Israéliens, par le biais du lobby pro-israélien (AIPAC), des renseignements classifiés au sujet des politiques américaines envers l'Iran, ainsi que du matériel hautement secret provenant directement de l'Agence de sécurité nationale.
En fait, l'engagement de Feith en faveur d'Israël était à la limite de la caricature et devenait ridicule et contre-productif, même du point de vue des pro-israéliens «normaux» au sein de l'administration Bush. Son extrémisme était tel qu'il s'est placé comme adversaire de l'ancien premier ministre israélien Ariel Sharon et de son plan de désengagement de Gaza, aux côtés des colons israéliens qui refusaient d'abandonner leurs implantations. Il gênait donc tout le monde, même, et peut-être surtout, les unilatéralistes et les extrémistes bellicistes, puisque son extrémisme excessif caricaturait leur politique et la rendait d'autant plus aisément condamnable en la discréditant.

- 31 mars 2005
Bush se sépare officiellement de Paul WOLFOWITZ, son secrétaire adjoint à la Défense depuis février 2001, dont la candidature à la tête de la Banque Mondiale vient d'être acceptée, le même jour, par le conseil d'administration de l'institution financière internationale.
Longtemps considéré comme «l'âme damnée» du Pentagone, ce brillant intellectuel d'origine juive était, aux côtés de Rumsfeld, l'ardent défenseur et l'artisan du renversement du régime de Saddam Hussein. Catalogué comme un des plus radicaux des néo-conservateurs, cet «expert en création de menaces» fut chargé de trouver les justifications juridiques de l'invasion de l'Irak et, de ce fait, considéré comme le principal responsable des déconvenues de l'armée américaine dans ce pays, notamment dans sa recherche des armes de destruction massive.
Le 26 octobre 2003, au cours d'une visite à Bagdad, Wolfowitz échappe de justesse à un attentat. Une trentaine de roquettes sont tirées contre l'hôtel Al Rachid où il logeait. Un colonel américain meurt au cours de cette attaque et dix sept autres personnes sont blessées.
Le 1er juin 2005, l'ex-faucon prend officiellement son poste à la tête la Banque Mondiale.

- 5 mai 2006
démission de Porter GOSS de la direction de l'Agence centrale de renseignement américaine (CIA). Il avait été nommé à ce poste en grande pompe par le président Bush en septembre 2004. A 67 ans, cet espion au long court, qui fut de tous les coups tordus en Amérique Latine et ailleurs, s'était attiré les foudres d'une partie du personnel de l'institution. Au fil des mois, nombre de responsables de l'agence, en conflit ouvert avec ses conseillers, ont préféré démissionner. En septembre 2005, c'est le numéro deux des services secrets, Robert Richer, qui a jeté l'éponge. La fuite dans les médias d'informations sur l'Irak et les prisons secrètes de la CIA en Europe de l'Est semble avoir joué un rôle dans son départ. John McLAUGHLIN, qui avait assuré l'intérim après la démission de George Tenet, mais très vite parti lui aussi pour «raisons personnelles», avait prévenu Goss que l'atmosphère devenait insupportable au sein de l'agence qui connut plus de 300 départs en moins de deux ans. Trois semaines avant la démission de Goss, une analyste expérimentée, Mary McCarthy, avait été renvoyée pour avoir transmis des informations confidentielles à la presse sur les prisons secrètes de la CIA en Europe.

- 7 juillet 2006
le secrétaire d'Etat adjoint Robert ZOELLICK quitte le Département d'Etat pour occuper le poste de vice-président du conseil d'administration de la banque Goldman Sachs, chargé des questions internationales.
Nommé à son poste en janvier 2005, en remplacement du néo-conservateur Richard Armitage, après quatre années en tant que représentant spécial américain pour le Commerce, chargé de l'OMC, ce républicain modéré, pragmatique et partisan du multilatéralisme, avait lui aussi quelques affinités avec les tenants du néo-conservatisme. Il était aussi l'un des fervents partisans du renversement de Saddam Hussein et de l'invasion de l'Irak.
Selon la presse américaine, sa démission aurait été précipitée par sa déception de ne pas avoir été choisi au poste de secrétaire au Trésor, lors du remaniement ministériel décidé le mois précédent par Bush. Selon d'autres sources, il n'était pas bien apprécié par ce dernier, car il était l'une des voix raisonnables au sein d'une administration qui n'a pas toujours été connue pour sa maturité, sa sobriété et sa réflexion.

- 8 novembre 2006
prenant acte de la victoire démocrate aux élections parlementaires du 7 novembre, le président Bush annonce la démission de son secrétaire à la Défense, Donald RUMSFELD. Aux commandes du Pentagone depuis 2001, ce dernier avait fini par incarner la guerre en Irak lancée en mars 2003 et sa démission avait été réclamée par l'opposition démocrate, voire par plusieurs candidats républicains en campagne. Avant de faire ses adieux aux fonctionnaires du Pentagone, le 15 décembre, ce stratège controversé a tenu à faire aussi ses adieux aux troupes américaines stationnées en Irak en leur rendant une visite surprise, le 11 et 12 décembre. Devant les soldats, il a essayé de défendre son bilan pour le moins mitigé. En vain... Car celui qui a été chargé d'organiser la guerre contre le terrorisme au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 est considéré aujourd'hui comme l'un des principaux responsables des grandes difficultés de l'intervention militaire américaine en Afghanistan et en Irak. Des élus de son propre parti l'ont accusé de ne pas avoir engagé suffisamment de soldats et de matériel militaire dans ce dernier pays. Ils lui ont reproché d'avoir terni l'image de leur pays avec le scandale de la torture à la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad, entre autres casseroles traînées par ce ''néo-con'', rusé et machiavélique, qui avait fait vendre jadis des produits chimiques américains à... Saddam Hussein.

- 5 décembre 2006
démission de l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, John BOLTON. Considéré comme l'un des symboles de l'unilatéralisme états-unien sous l'administration Bush, ce dernier a expliqué qu'il avait pris cette décision suite à l'échec essuyé par l'administration Bush au Congrès américain.
Il avait été nommé à ce poste en août 2005, mais sa nomination n'a jamais fait l'unanimité au sein de la commission des relations étrangères du Sénat. Ce qui a contraint le président Bush à maintenir cet homme de 58 ans à ce poste de façon provisoire. Il s'y était d'ailleurs illustré comme l'un des plus grands soutiens d'Israël. Pendant l'attaque israélienne contre le Liban, l'été dernier, et celle contre le village palestinien de Beit Hanoun, il se rangea avec détermination aux côtés de l'Etat hébreu. A deux reprises, lors des débats du Conseil de sécurité de l'Onu, il opposa le veto des Etats-Unis à des résolutions hostiles à Israël.
Spécialiste du désarmement, partisan du «bâton» plutôt que des «carottes» dans les négociations avec l'Iran et la Corée du Nord, Bolton ne faisait pas partie des néo-conservateurs et se souciait moins de démocratisation universelle que des intérêts des Etats-Unis. Il a aussi souvent affiché son mépris pour l'organisation onusienne.

- 20 décembre 2006
le commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) confirme que son chef, le général John ABIZAID, démissionnerait «début 2007» de la direction des forces militaires américaines au Moyen-Orient, poste qu'il occupe depuis juillet 2003. Général de l'armée de terre américaine, commandant des forces américaines au Proche-Orient et architecte des interventions militaires en Irak et en Afghanistan, Abizaid est l'un des rares hauts gradés américains parlant couramment l'arabe. Il est aussi réputé pour son franc-parler. A la mi-novembre, peu après la défaite des républicains aux élections de mi-mandat, due en grande partie au fiasco américain en Irak, Abizaid avait jugé, au cours d'une audition devant une commission parlementaire, que l'accroissement de la présence militaire américaine des Etats-Unis en Irak - préconisé par Bush - ne constituait pas la solution aux problèmes de ce pays. «Envoyer plus de troupes en Irak enverrait un mauvais signal aux Irakiens et ne les encouragerait pas à prendre davantage de responsabilités», avait-il expliqué en substance.
«Est-ce totalement votre décision?», demanda un journaliste à Abizaid à propos de son départ. «Aucune décision prise par quelqu'un à un poste comme celui-ci n'est vraiment totalement sa décision, mais je pense que c'est le bon moment et cela n'a rien à avoir avec du mécontentement», lui répondit le général, laissant ainsi entendre qu'il avait été poussé vers la sortie.
Abizaid sera remplacé par l'amiral William Fallon, actuellement commandant des forces armées américaines dans le Pacifique.

- 31 décembre 2006
Stephen A. CAMBRONE quitte officiellement son poste de sous secrétaire à Défense chargé des renseignements. Avant d'être désigné à ce poste en mars 2003, il avait travaillé au même département en tant que directeur du programme d'analyse et d'évaluations, et comme sous-secrétaire à la Défense pour la politique.
Le nom de Cambrone avait été cité au lendemain du scandale des tortures infligées aux détenus irakiens dans la prison d'Abou Gharib. La colonelle Janis Karpinski, qui dirigeait la police militaire chargée de cette prison à l'époque des faits, avait déclaré dans un entretien au quotidien brésilien ''A Folha'' de Sao Paulo, le 19 décembre 2005, que ces tortures n'ont pas cessé «parce que le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et son spécialiste en renseignement, Stephen Cambone, croient toujours que ces personnes sont des terroristes ou détiennent des informations et que la seule manière de les obtenir est par la torture».


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