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L'art pictural phénico-punique, romano-africain, Byzantin et arabo-musulman
Publié dans Le Temps le 17 - 01 - 2016

L'art figuratif phénico-punique semble de prime abord peu abondant. Plusieurs historiens expliquent cette rareté par le caractère sémitique des phéniciens. L'art, pour lequel les phéniciens ont opté à l'introduire en Afrique du Nord, est resté peu enclin à la figuration dans le style gréco-romain.
Même lorsque les phéniciens ou les phénico-puniques avaient utilisé la figuration, celle-ci est considérée comme particulière et elle tend vers un certain schématisme de la figuration et ce au début de la présence phénicienne en Afrique du Nord. C'est une tendance à la stylisation et à la simplification formelle, mettant à voir une figuration minimaliste qui nous rappelle la méfiance sémitique par rapport à l'image. Par exemple, les archéologues et les historiens occidentaux de l'art ont eu tendance à sous-estimer l'apport phénico-punique dans le domaine de la figuration. Mais malgré cette sous-estimation, l'histoire de l'art phénico-punique regorge d'exemples de représentations figurées tridimensionnelles, sculptures aux bas-reliefs et même sous forme de peinture surtout lors du développement d'une culture punique ou numide. Quelquefois l'expression artistique atteint un réalisme étonnant. Le passage à la conception gréco-romaine signifie une adoption de la figuration réaliste centrée sur la représentation humaine et cela représente une grande rupture par rapport à l'art phénico-punique. La représentation figurée de la période romaine en Afrique s'est présentée comme illustration de l'art gréco-romain le plus classique avec des canons esthétiques spécifiques à cet art. Certains ateliers d'art Africain provinciaux ont aussi essayé de se conformer à ses canons gréco-romains, mais quelquefois produisent des œuvres certes figurativement romaine mais avec des réalisations locales. Cela peut être est dû au fait que la phénico-punique continuait à survivre. On prend comme référence toute la sculpture romaine en Afrique du Nord et toute la mosaïque : (Les ateliers d'art romain en Tunisie ont produit des œuvres qui obéissent aux caractéristiques de la beauté antique gréco-romaine, obéissant ici aux canons exprimés par les dimensions du corps humain, la mesure, la proportionnalité, la volumétrie ainsi que l'expression.
Cet art à la mesure de l'homme idéalise ce dernier pour en faire un « Dieu ». D'autres ateliers plus provinciaux, ont produit des œuvres moins subtiles et plus populaires qui rejoignent un peu le produit antérieur à la romanisation. En fait, la figuration était plus ramassée, moins respectueuse de la mesure et de la proportion. La mosaïque développée en Tunisie pendant la période romaine, la mosaïque est une véritable peinture en pierre reprenant toutes les techniques de clair-obscur, de la lumière et de l'ombre, de la composition et de la figuration. Ces thèmes reprennent toute la vie quotidienne de population romano-africaine. En fait, la mosaïque à été développée partout en Tunisie à Carthage, à Eldjem, à Hadrumète (Sousse), à Gafsa dont la figuration obéit à tous les canons de beauté gréco-romaine). Lorsque la civilisation romano-africaine adopte les visions chrétiennes primitives ou même Byzantines cela voudra dire que la figuration va de nouveau évoluer vers le schématisme et la représentation symbolisante. Elle vit se développer une iconographie centrée sur la représentation sur des scènes mythologiques chrétiennes des martyres et des dessins de l'église byzantine.
L'iconographie byzantine est une iconographie chrétienne. Elle est illustrée aussi bien par la mosaïque que par la céramique. Cette évolution en « dents de scie » de la figuration dans notre histoire de l'art sera confirmée par la domination (plusieurs siècles et jusqu'à la pénétration coloniale) d'une vision non figurative de l'art où l'essentiel est occupé par une représentation essentialiste géométrique ou calligraphique. L'image figurée occupera, même si elle continue à exister, une place secondaire par rapport à ce que la civilisation arabo-musulmane a favorisée comme nouvelle possibilité d'expression de son nouvel idéal esthétique plus en développant un art moins figural que géométrique et abstrait. La période islamique a suscité la création de nouveau mode d'exprimer essentialiste et inamicale par rapport à la figuration. Elle a constitué une sorte de résistance à la pénétration d'une figuration artistique.
En fait, c'est cette période qui nous intéresse dans la mesure où elle va être le lieu de la rencontre de la figuration occidentale et la tradition picturale arabo-musulmane. Comment cette rencontre c'est elle faite ? il faut examiner les différentes manifestations de la naissance d'un art nouveau constitué par le développement de la figuration contemporaine en Tunisie et basé sur un substrat d'une culture arabo-musulmane et aussi sur un artisanat très dynamique developpé dans une peinture sous-verre remarquable issue d'une influence italienne et turque et de l'introduction, dès le début de XIXème siècle de la peinture orientaliste.
En Islam et dans la civilisation arabo-musulmane, la figuration a posé dès le début problème. Dans les premiers temps de l'Islam, l'interdiction de représenter des êtres vivants s'appliquait aux mosquées uniquement. La théologie musulmane rejette l'art figuratif, comme si l'interdiction s'étendait d'elle-même à l'ensemble des arts. Les peintres s'interdisaient donc de représenter des hommes et des femmes, de peur que leurs œuvres deviennent des objets de vénération. Ce phénomène s'intensifie déjà au IXème siècle, lorsque les théologiens et les traditionnalistes radicalisent la pratique de l'Islam. Ils entendent lutter ainsi contre les excès de luxe dont faisaient preuve les califes et les princes. L'une des conséquences immédiates de cet interdit est le développement de la calligraphie et de l'enluminure: le coran ne sera donc jamais illustré de peintures figuratives. Quelques peintures d'êtres vivants sont cependant réalisées au cours des premières années de la prise de pouvoir par les omayades, alors que s'opère un compromis culturel, qui exclut les icones des chapelles mais perpétue un art figuratif dans les palais.


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