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La Sculpture En Tunisie, dans tous ses états
Publié dans Le Temps le 28 - 02 - 2016

L'exposition qui se tient aujourd'hui à La Maison Des Arts ex Centre D'Art Vivant autour de la sculpture moderne et contemporaine de Tunisie, regroupe les sculpteurs connus sur la place dont les uns sont universitaires et actifs depuis très longtemps comme Abdelaziz Krid, Boujemaa Belaifa et aussi ceux qui sont devenus très actifs dans le domaine comme Mohamed Bouaziz et Mohamed Ghassen et d'autres qui sont présents dans ce secteur. Les artistes « autodidactes » sont aussi nombreux comme Najet Gherissi, Hamadi ben Neya, Sahbi Chtioui et Mohsen Jelliti et présentent des œuvres tout aussi significatives que le produit des autres sculpteurs.
Chacun de ces artistes pratiquent la sculpture selon des procédés techniques différents.
Mais en fait c'est quoi la sculpture ? La sculpture c'est l'art de réaliser des œuvres tridimensionnelles. Elle est essentiellement constituée de la taille dans un bloc de matière solide par retrait de la matière et dans ce cadre l'œuvre prend forme. Les autres procédés techniques utilisés dans cette exposition ne se réduisent pas à la taille mais intègrent des procédés de modelage, de moulage, de martelage, de soudure et découpage (en ce qui concerne les procédés d'utilisation de matériaux récupérés).
La sculpture dans nos métiers traditionnels n'était pas très populaire du fait des difficultés d'ordre iconoclastes rencontrées par les artistes et autres artisans.
La production sculpturale a été relancée par l'intégration de l'enseignement de la sculpture à l'école des Beaux-Arts depuis 1923.
Le groupe de l'école de Tunis a vu certains sculpteurs se joindre à lui, nous nommons Hedi Esselmi, Hajjem, Fehri, Mahmoud Ben Amor.
La section sculpture continue aujourd'hui à former les jeunes non seulement à Tunis mais dans les autres instituts d'Arts Et Métiers.
De nos jours, la sculpture est souvent sollicitée pour l'animation des espaces publics de nos villes « l'expérience de l'ISAM de Seliana 2014 »
L'exposition proposée par la Maison des Arts entre dans le cadre de la politique de cette institution mettant en valeur chaque fois un métier, un art et essentiellement les opérateurs dans ces métiers.
Les sculptures en général se présentent comme des sculptures indépendantes et non intégrées à un espace. Les sculptures peuvent se présenter à nous en étant uniques ou suspendues, en relief ou sur des socles que nous pouvons contourner ...
La sculpture de Abdesslem Ayed est justement de ce genre, elle se présente comme étant une chaussure de taille réelle mais cependant ayant subi le travail des ciseaux, de martelage et même peut être d'une utilisation de produits chimiques. L'expression recherchée est peut-être celle d'un réalisme antiquisant, subissant le poids du temps et des objets vieillissants.
Boujemaa Belaifa présente deux œuvres dont un bas-relief qui nous semble intéressant et qui consiste à accrocher sur de la résine assez épaisse une scène de Guernica représentant, à l'instar de l'œuvre de Picasso, des corps déchiquetés de la scène du crime commis en Espagne en 1936. Les volumes de Raku ne sont pas creux et se présentent sur la surface extérieure.
Ce bas-relief est déployé sur un espace sans envers mais très expressif.
Les sculptures de Mohamed Bouaziz, taillées dans la masse (le matériau sollicité par le sculpteur est divers comme le marbre de Tala, de Foussana, de Aziza).
Les techniques tournent autour de la taille directe. Les œuvres réalisées sont abstraites et correspondent à un dialogue entre spatialité et visualité.
Le sculpteur essaye de rendre manifeste à la vue la configuration extérieure de ses volumes. La forme de ces volumes et leur surface se conjuguent par rapport à la lumière dans le cadre d'un déploiement d'un art visuel et spatial. Et c'est ainsi que nous voyons tous les modèles sculptés montrés à chaque fois ici ou là, les concavités du relief, les saillures de ces creux ainsi que le paradoxe entre l'ombre et la lumière.
Mohamed Bouaziz semble se plaire dans ces exercices de taille directe et de création de volume animé par ses recherches formelles, aboutissant à l'expression de la massivité du matériau mais aussi de l'expression de la lumière sur un corps inerte lui soufflant la vie.
Abdelaziz Krid présente une « Trilogie » double et colorée.
Krid joue indifféremment sur la planéité des bas-reliefs indépendants, bustes de femmes en résines très éloquents et recherche une absolue « ovalité » de formes massives traversées par les couleurs et la lumière.
Mohamed Ghassen crée une sculpture de petites dimensions représentant une forme humaine « anthropomorphique » bien étudiée dans ses proportions. La sculpture est très expressive, elle est celle d'un homme en mouvement. L'œuvre reste expressive dans sa gestualité très contenue même si la figure reste anonyme.
Abdelaziz Mohsni nous a présenté une œuvre intitulée « Les Précieux Ridicules », une série de neuf formes verticales, filiformes et aboutissant à l'expression faciale primitive. Chaque sculpture possède une expression particulière.
La sculpture en bronze de Sahbi Chtioui, « Deux Prisonniers et Un Seul Destin » obtenue par modelage est d'une expressivité sans faille. Le dialogue du vide et du plein est assumé par les deux prisonniers de « Abou Gharib » portant les chaines de l'esclavage et de la torture. Sculpture engagée d'un homme apparemment humaniste.
Une autre œuvre très expressive et brute est celle de Saber Sahraoui a représenté un ange déchu avec une tête bien expressive et un corps épousant le support. Un ange qui n'est pas encore en train de voler cherchant son équilibre et possédant un visage renfermé.
Kaouther Belouednine nous a présenté une sculpture en technique mixte intitulée « La Mariée » constituée de deux faces. La partie de face est bombée et la partie intérieure est beaucoup plus riche en verre.
La mariée n'est pas trop belle et Kaouther a exprimé un être hybride.
Les artistes qui utilisent la récupération de matériaux anciens et surtout métalliques et qu'ils réaménagent en sculptures sont nombreux. Parmi eux nous citons Mohsen Jelliti Et Yosri Bahrini. Celles qui sont sur un support sont celles de Najet Gherissi et de Taoufik El Behi.
Najet Gherissi a créé une installation représentant une femme mécanique debout qui apparemment ne s'appuie sur rien sauf peut-être sur le fameux oiseau bleu outremer de Najet Gherissi. Subtilité des installations légères ou des installations impossibles.
Hamadi Ben Neya nous propose une sculpture formée par des fils de fer récupérés et dessinant une silhouette féminine peu dense attendant peut-être de gagner en corporéité un jour prochain.
L'expérience proposée par la Maison des Arts et qui consistait à nous offrir assez régulièrement des expositions centrées sur un métier, un artiste, un évènement semble réussir à animer de nouveau la vie artistique et culturelle.
Que l'initiative soit saluée et réitérée.


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