Décidément, les visites sur terrain des journalistes avec l'armée nationale se suivent mais ne se ressemblent pas. Après l'aventure mémorable sur les hauteurs de Jebel Chaâmbi et celle périlleuse à Ben Guerdane, direction le Kef et plus précisément le champ de tir et de manœuvres militaires de Dbadib. Situé à proximité du mont Ouergha et à 35 km de la frontière algérienne, il s'agit du 2ème plus grand espace à ciel ouvert servant de lieu d'entraînement aux forces militaires après celui d'El Hamma. C'est dans cette région montagneuse que sont déployées diverses unités sécuritaires dont un régiment d'infanterie mécanisée. Sa mission sur terrain est plurielle. D'abord, il s'agit d'assurer une présence quotidienne tout au long de la bande frontalière et de baliser tout le périmètre pour parer aux éventuelles tentatives d'intrusion individuelle ou massive des territoires étrangers sur le sol tunisien. Des opérations de ratissage et de prospection sont continuellement menées à cet effet pour déceler à temps tout danger menaçant la sécurité du pays et sa stabilité. Il s'agit aussi de repérer tout mouvement suspect d'individus ou de véhicules au niveau de la ligne frontalière. Le rôle de ces militaires est aussi de rassurer par leur présence et leur réactivité les habitants de ces régions frontalières, exposés plus que tous autres citoyens à divers dangers. De même, ils s'emploient à glaner et collecter les informations d'ordre sécuritaire pour avoir toujours une longueur d'avance sur les événements. Par ailleurs, lors des cas d'urgence et des interventions délicates, ils prêtent main forte aux unités des autres forces sécuritaires présentes dans la région. De jour comme de nuit, tous les jours de la semaine, les forces militaires déployées dans cette région sensible mènent une guerre sans répit contre les deux ennemis jurés de la Tunisie: les contrebandiers et les terroristes. Les premiers n'ont de cesse, depuis des années, de ruiner l'économie du pays, les seconds ont juré d'anéantir l'Etat et d'imposer leur diktat extrémiste. La nature bafouée par le terrorisme La journée avec le régiment d'infanterie mécanisée au Kef a débuté par une marche à pied dans une zone montagnarde fermée au public pour découvrir de près comment sont menées les opérations de ratissage par les hommes de la patrouille terrestre. Totalement aux aguets, à l'affût du moindre mouvement suspect, les soldats avancent lentement, prudemment, conscients, à chaque pas, que leurs vies sont menacées. Ils traquent l'ennemi avec zèle, armés de leur courage et de leur patriotisme. Autour d'eux, la nature y est magnifique, mirifique. Au loin, les montagnes se dressent fièrement, la généreuse verdure invite au dépaysement et l'odeur diffuse de l'origan emplit les lieux. Epoustouflants et revigorants, les paysages naturels environnants et leurs éléments lancent à l'unisson un appel à la vie. Et pourtant ! C'est dans ce décor majestueux que se terrent occasionnellement des éléments terroristes pour tenter de piéger nos militaires en leur tendant des embuscades. Les arbres touffus et rapprochés les uns des autres, les plaines, les pentes, les reliefs et bien d'autres facteurs naturels font de ce terrain un lieu propice pour de lâches attaques par surprise. Embrigadés, dénaturés, leur humanité oubliée et bafouée, ces individus ont définitivement embrassé la doctrine de la violence et choisi leur camp, celui de la mort et du néant. Ennemis de la Tunisie et de tous les Tunisiens portant dans leur cœur l'amour de leur patrie, ces éléments ne cessent de menacer la stabilité de l'Etat mais c'est sans compter sur la bravoure et la hardiesse de notre armée qui unit sa force aux autres forces sécuritaires pour veiller au salut et à la pérennité de la nation chaque jour, chaque heure et chaque minute. A la vie, à la mort ! La deuxième partie de la visite a consisté en un exercice pratique de simulation d'une embuscade avec tirs à balles réelles. Régulièrement réalisés dans les champs de tir et de manœuvres, ces entraînements visent à renforcer le professionnalisme des troupes et l'efficacité de leur intervention en cas de menace. En effet, grâce à ces exercices, les militaires affinent leurs réflexes, perfectionnent leurs tirs, décèlent plus rapidement les ennemis, se familiarisent avec tous types de dangers et parfont leur riposte pour un résultat optimum. Ils répètent inlassablement les exercices et multiplient les scénarios pour ne laisser aucune place à la surprise et aucune chance de victoire à leurs adversaires. Outre la nature difficile du terrain, les forces militaires sont confrontées, dans ces régions, à ces conditions climatiques extrêmes pouvant aller du grand froid à la canicule. Mais ces hommes et ces femmes qui veillent de jour comme de nuit sur la Tunisie l'affirment. Rien ne les arrêtera dans leur mission ni ne les affaiblira et encore moins le soleil, le vent, la pluie et la neige. Pour le chef de corps du régiment d'infanterie mécanisée, protéger la Tunisie est un devoir sacré pour tout militaire. Il rappelle que les troupes et patrouilles, déployées tout le long de la ligne frontalière de Tabarka à Ben Guerdane, assurent leur mission en continu, sans relâche et que leur professionnalisme, leur rigueur et leur sens du devoir ont permis à l'armée nationale de remporter de très nombreuses victoires contre les ennemis de la Tunisie. Il lance par ailleurs un appel à tous les citoyens et plus particulièrement aux parents et aux éducateurs d'inculquer aux enfants le sens du patriotisme et de leur transmettre les valeurs de courage et d'amour de la patrie. Ce n'est qu'ainsi, main dans la main et toutes générations confondues que nous pourrons vaincre le terrorisme et tout autre danger qui guette la Nation. Vive la Tunisie !