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Syrie: le seuil entre légitimité et barbarie
Publié dans L'expert le 05 - 09 - 2013

Bachar El Assad a-t-il utilisé des armes chimiques pour décimer sa population? A ce jour, nul ne peut véritablement affirmer cela. Mais pour les Etats-Unis, notamment pour le Président Barack Obama, il ne faut attendre plus longtemps, il faut passer à l'action. Même si le Congrès américain n'a pas encore donné son quitus pour une quelconque intervention en Syrie, le Président américain est déterminé avec, aujourd'hui, pour principal et seul allié dans cette aventure la France. Tandis pour certains la Syrie reste et demeure un Etat souverain, pour d'autres dont Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire géopolitique en France, il faut en finir avec l'Etat de barbarie.

Tout le monde y va de son couplet pour expliquer sa position sur les événements qui sévissent en ce moment en Syrie. Morale, juridique, historique, économique ou encore géopolitique, etc... Au moment où le monde commence à se diviser en deux camps, selon que l'on soit pour ou contre une quelconque intervention internationale, l'on ne pourrait s'empêcher de se demander quelle est la réalité du régime Assad. A coup de tortures, terrorisme et attentats, les uns et les autres se renvoient la balle des responsabilités de toute la barbarie observée. Une chose est claire : des milliers de Syriens périssent tous les jours. Action ou alors silence complice?

Naïveté ou duplicité du régime?
Se dirige-t-on vers un autre scénario iraquien à l'américaine vers le régime de Damas? Tout laisse croire que Washington est vraiment décidé comme à l'époque contre le régime de Saddam Hussein. Seulement, cette fois-ci, l'action n'enchante plus les principaux alliés d'alors, qui se montrent assez frileux pour une action concertée contre le régime Assad. De l'avis de Charles Saint-Prot, « Plusieurs commentateurs, politiciens et experts plus ou moins autoproclamés s'ingénient à trouver toutes sortes de prétextes pour écarter l'idée d'une intervention militaire contre le régime syrien. Les uns appellent à privilégier l'option politique, ce qui relève d'une extraordinaire naïveté lorsqu'on connait la duplicité du régime depuis quarante ans », il ajoute que « d'autres font valoir que la chute du régime aurait des conséquences incalculables de laisser un Etat voyou massacrer son peuple ».

Ingérence ou nouvelle forme de colonialisme?
Certains se demandent au nom de quoi on se mêle de la politique intérieure d'autres pays, ayant ainsi la prétention de croire qu'il y a d'autres options que les options classiques privilégiées qui, pour eux, semblent d'un autre siècle. A proprement parler, ces personnes qui visiblement sont opposées à une quelconque intervention en terre syrienne craignent la réplique du scénario libyen. De nombreuses sources indiquent qu'une partie des groupes rebelles qui ont pris les armes en Syrie seraient affiliés à Al-Qaïda et à différents groupes extrémistes radicaux.
Des puissances affaiblies
Des personnes comme Charles Saint-Prot estiment que se profile le spectre de Munich de 1938 où la victoire du régime que Michel Seurat a appelé « l'Etat barbarie » et de ses alliés, à commencer par l'Iran et affidés en Irak et au Liban. Face à la tergiversation de l'Occident, qui hausse le ton sans vraiment agir, l'on se demande si elles méritent encore d'être appelées « puissances », au risque de voir affaiblir leur crédibilité auprès de leurs alliés arabes. En France, l'on préconise une action ferme contre le régime de Damas. Pour autant, nul ne peut juger s'il est « moral » de se préoccuper des affaires des autres, bien que les règles de la géopolitique montrent que c'est habituel.
Est-ce en réalité l'intérêt du peuple qui est visé? Ou alors la situation stratégique de la Syrie qui se trouve dans un lieu devenu grâce aux récentes découvertes d'hydrocarbure/gaz, un endroit clef pour l'exploitation de ressources naturelles?


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