Le gouvernement israélien, (il conviendrait mieux de l'écrire au pluriel), vient de déclencher son opération militaire punitive contre les Palestiniens à Gaza. Les premières informations parvenues font état d'un nombre hallucinant de tués et de plusieurs centaines de blessés. La machine de guerre de l'Etat hébreu, avec une puissance de feu abusivement disproportionnée, se voulant dissuasive, a fini par devenir criminelle. A un moment où certaines prémices de paix ont pointé à l'horizon du Moyen-Orient avec, tout d'abord, le départ de George W. Bush et de la quasi-totalité de son équipe de néoconservateurs à la tête de l'Administration américaine, et avec, ensuite, une certaine accalmie que l'on croyait porteuse d'espoirs en attendant la prise de fonction effective du nouvel hôte de la Maison Blanche, la situation se détériore par la volonté israélienne de dynamiter toute tentative de paix réelle et durable. L'actuelle action militaire d'envergure qui prend la forme d'un homicide volontaire collectif est incontestablement improductive à plus d'un titre. Elle ne fait qu'allonger la liste des victimes palestiniennes qui sont, déjà, condamnées par Israël à la faim, aux privations et aux blocus, à Gaza en particulier. Eradiquer Hamas de cette façon, c'est le renforcer à brève ou longue échéances. Cette même agression vient compromettre sérieusement les efforts déployés par la Turquie pour amener la Syrie à s'engager dans un processus de paix au Proche-Orient et consentir à l'établissement de négociations directes avec Israël. A ce rythme là, le Président Obama aura beaucoup de peine à résoudre l'équation palestino-israélienne et à convaincre Israël que la supériorité de la force, à elle seule, ne peut pas lui garantir la légitimité. Enfin, l'Histoire retiendra que l'Humanité a vécu, au cours du XXe siècle, quatre tragédies humaines, deux guerres mondiales, l'Holocauste Juif sous le régime nazi et enfin la spoliation du peuple palestinien de ses droits, de sa terre et de sa patrie. Le drame atteint des proportions inhumaines qui dépassent les extrêmes limites de l'entendement quand ce sont paradoxalement les juifs, victimes d'hier sous d'autres cieux et dans un autre contexte, qui se transforment en bourreaux. Mais heureusement que l'Histoire finit toujours pour rectifier son cours.