Un arrêté ministériel conjoint, publié ce mercredi 4 juin 2025, a fixé à 2000 dinars par mois la prime spéciale accordée aux jeunes appelés au service national et affectés au ministère de la Santé publique ou à ses établissements affiliés. Le texte, signé par les ministres de la Défense nationale, des Finances et de la Santé, marque une tentative de réponse gouvernementale aux tensions croissantes dans le secteur médical. Outre cette allocation mensuelle, l'arrêté prévoit que le ministère de la Santé prendra en charge les cotisations sociales de ces jeunes affectés, leur garantissant une couverture médicale ainsi que des droits à la retraite pendant toute la durée de leur service. Cette mesure a été accueillie avec prudence par l'Organisation des jeunes médecins, qui y voit un « premier signe de réponse » aux revendications portées depuis plusieurs mois par ses membres. Toutefois, l'organisation alerte sur les nombreuses insuffisances persistantes, notamment le problème des gardes hospitalières non rémunérées ou très faiblement indemnisées, dans certains cas à seulement 1 à 3 dinars de l'heure. Autre point de blocage majeur : le niveau global des salaires, jugé très bas et inadapté à la charge de travail et aux responsabilités médicales. L'organisation souligne l'absence de solutions concrètes de la part des autorités malgré de multiples alertes. Face à cette situation, les jeunes médecins maintiennent leur mobilisation. Ils annoncent qu'en l'absence de réponses tangibles d'ici au 12 juin, un mouvement de grève générale de cinq jours sera déclenché. Pire encore, une suspension de l'ensemble des stages médicaux est prévue à partir du 1er juillet, un scénario qui pourrait paralyser davantage un secteur déjà en crise. Selon plusieurs études récentes, la Tunisie perd chaque année plusieurs centaines de jeunes médecins, qui choisissent l'expatriation vers des systèmes de santé plus attractifs, notamment en Europe ou au Golfe. L'Organisation des jeunes médecins prévient que sans réforme structurelle, cette hémorragie ne fera que s'accélérer, mettant en péril l'avenir du système de santé public. Alors que les tensions sociales montent dans les hôpitaux et centres de santé, cette prime de 2000 dinars, bien qu'appréciée, n'est perçue que comme un palliatif partiel par les professionnels concernés. L'enjeu désormais est d'ouvrir un véritable dialogue national sur l'avenir des professions médicales, leur statut, et les conditions de travail des jeunes en formation, dont dépend largement la résilience du système de soins en Tunisie. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!