Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exhorté les Etats-Unis à lever immédiatement les sanctions imposées à quatre juges de la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant une atteinte grave à l'indépendance de la justice et aux principes de l'Etat de droit. « J'appelle à reconsidérer ces récentes mesures et à les lever sans délai. Les attaques contre des juges, du fait de l'exercice de leurs fonctions judiciaires, aux niveaux national comme international, sont incompatibles avec le respect de la primauté du droit », a déclaré M. Türk dans un communiqué officiel. Washington cible la CPI pour son enquête sur Israël et les Etats-Unis Cette déclaration fait suite à l'annonce, jeudi, du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, de sanctions ciblées contre quatre magistrates de la CPI, accusées de « poursuites illégitimes » contre les Etats-Unis et Israël. Les sanctions interviennent en réaction à la décision historique de la Cour d'émettre des mandats d'arrêt à l'encontre de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ainsi qu'à l'enquête en cours sur d'éventuels crimes de guerre commis par l'armée américaine en Afghanistan. Quatre femmes juges dans le viseur de Washington Les sanctions américaines visent directement quatre magistrates de la CPI, toutes des femmes reconnues pour leur compétence : * Solomy Balungi Bossa (Ouganda) * Luz del Carmen Ibáñez Carranza (Pérou) * Reine Alapini-Gansou (Bénin) * Betty Kaari Murungi Hohler (Slovénie) Les mesures incluent notamment le gel de leurs éventuels avoirs sur le sol américain et l'interdiction d'entrer aux Etats-Unis. Un précédent préoccupant pour la justice internationale Cette décision américaine marque un nouvel épisode de tension entre Washington et la Cour pénale internationale, que les Etats-Unis n'ont jamais ratifiée, mais qu'ils surveillent de près lorsqu'elle concerne leurs ressortissants ou leurs alliés. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leur vive inquiétude face à ce qu'elles qualifient de pressions politiques inacceptables sur une institution judiciaire indépendante. La CPI n'a pas encore officiellement réagi, mais des diplomates à La Haye confient que la pression politique sur les juges pourrait miner gravement la crédibilité de la justice pénale internationale, au moment où celle-ci cherche à affirmer sa légitimité face aux puissances mondiales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!