Des scènes de tension extrême ont secoué les rues de Los Angeles et les couloirs d'un tribunal new-yorkais ce vendredi, alors que des agents fédéraux masqués et lourdement armés ont procédé à des raids ciblés contre des migrants sans papiers. Ces opérations, menées dans un climat de peur, traduisent une volonté assumée de la nouvelle administration Trump de durcir radicalement sa politique migratoire, quitte à susciter une onde de choc dans les communautés locales. Dans plusieurs quartiers de Los Angeles, les descentes ont été d'une brutalité rare. À proximité de l'hôtel de ville, des grenades assourdissantes ont été lancées pour disperser la foule qui tentait de s'opposer au passage des véhicules de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement). Des dizaines de personnes ont été interpellées, certaines emmenées dans des fourgons banalisés sous les cris et les pleurs de proches impuissants. Le maire de Los Angeles, Karen Bass, a dénoncé ces opérations qu'elle a qualifiées de « terreur organisée » : « Ces tactiques sèment la peur dans nos quartiers et sapent les principes mêmes de sécurité dans notre ville. » Parmi les victimes collatérales, David Huerta, dirigeant syndical de la SEIU, a été brièvement interpellé alors qu'il documentait une arrestation. « Des travailleurs honnêtes, des membres de nos familles, sont traités comme des criminels », a-t-il déclaré à sa libération. Une démonstration de force revendiquée L'administration Trump, forte d'un second mandat, affiche ouvertement sa fermeté. Stephen Miller, bras droit du président, a assumé sur le réseau X que « la loi fédérale s'appliquera, peu importe l'avis des autorités locales ». Le ministère de la Sécurité intérieure a de son côté expliqué que les agents exécutaient des mandats de perquisition visant des personnes accusées d'avoir hébergé des sans-papiers. À New York, deux migrants ont été violemment plaqués au sol par des agents en civil dans un couloir du tribunal de l'immigration. La scène, filmée par des témoins, a bouleversé les avocats, bénévoles et proches présents. L'un des interpellés, Joaquin Rosario, un Dominicain de 34 ans, s'était présenté à son audience sans avocat, persuadé qu'il n'avait rien à craindre. Il venait d'entrer légalement aux Etats-Unis il y a un an. Le second, d'origine asiatique, était accompagné par une bénévole d'un collectif de soutien. Une vague d'indignation Des centaines de manifestants se sont rassemblés à Los Angeles dans l'après-midi pour réclamer la libération des détenus. Si le rassemblement est resté pacifique, quelques heurts ont éclaté avec les forces antiémeute venues disperser la foule. Les groupes de défense des droits humains dénoncent une tactique délibérée pour briser la confiance dans le système judiciaire et dissuader les migrants de se présenter à leurs convocations, pourtant nécessaires pour régulariser leur situation. « Ce sont des enlèvements illégaux », a fustigé Karen Ortiz, employée du tribunal new-yorkais. « Nous devons alerter le public sur la gravité de ce qui se passe. » Une ligne dure assumée Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump repousse les limites de l'exécutif dans sa croisade contre l'immigration. Sa vision : les Etats-Unis seraient « envahis par des criminels » et doivent reprendre le contrôle par la force. La révocation récente de régulations protégeant les lieux sensibles, comme les tribunaux, marque un tournant sécuritaire radical, qui heurte de plein fouet les fondements juridiques et humains du droit d'asile. Ces scènes, mêlant peur, violence et incompréhension, laissent un goût amer dans des villes qui se sont toujours revendiquées terre d'accueil et de diversité. À l'heure où certains pays renforcent leur solidarité avec les migrants, les Etats-Unis donnent aujourd'hui à voir un visage dur et sans concession, où la justice s'efface derrière le spectacle de la force. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!