Le roi Mohammed VI l'avait dit et redit : Pas de sacrifice rituel cette année dans le cadre de l'Aïd-el-Adha, pour cause de sécheresse, de baisse drastique du cheptel et de problèmes macroéconomiques. L'interdiction était formelle et tout le monde sait qu'on ne badine pas avec la parole du souverain. Des citoyens l'ont bravée, en jouant à cache-cache avec les autorités. Mais ces marchés de moutons clandestins étaient rarissimes. L'écrasante majorité des sujets de Sa Majesté se sont pliés à la directive royale. Si le pouvoir a fermé les yeux sur certains écarts signés par des citoyens lambda il a eu la main lourde avec les responsables qui ont fauté alors qu'ils sont censés donner l'exemple. La presse marocaine rapporte que les « walis » (gouverneurs) des régions de Fès-Meknès, Mouaad Jamai, et de Marrakech-Safi, Farid Chourak, ont été écartés par le ministère de l'Intérieur. Ces deux dirigeants régionaux se sont attirés les foudres de leur ministère de tutelle en procédant au rituel du sacrifice de l'Aïd. Ils disent l'avoir fait «au nom de la population» mais ça ne les sauvera pas. Les deux hommes ont chargé leur barque en tournant des vidéos et en prenant des photos de leur bravade. L'affaire a fait jaser dans le pays, rapporte le site d'information Bladi. Rappelons que dans une allocution lue par le ministre des Habous et des Affaires islamiques Mohammed VI avait souligné que le royaume fait face à «des défis climatiques et économiques qui ont eu pour conséquence une régression substantielle du cheptel»… «Nous appelons notre cher peuple à ne pas accomplir le rite du sacrifice de l'Aïd cette année. Et nous accomplirons, si Dieu le veut, le sacrifice au nom de notre peuple», avait martelé le souverain dans son message adressé au peuple. Effectivement au premier jour de la fête de l'Aïd-el-Adha, samedi 7 juin, le roi a procédé au sacrifice du mouton au nom de toute la population. Après ça tout autre acte de ce type était considéré comme un crime de lèse-majesté. Donc la sanction du ministère de l'Intérieur était inévitable après la diffusion des vidéos. «Il s'agit d'une procédure conservatoire, en amont d'un examen approfondi des circonstances de l'acte en question», précisent plusieurs sources reprises par des médias marocains. S'agissant du wali de Marrakech-Safi la direction intérimaire de la région sera assurée par Rachid Benchikhi, en attendant l'officialisation de son remplacement par le roi. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!