Le président russe, Vladimir Poutine, devra faire faux bond à ses amis des BRICS, pour la énième fois. Ils s'y attendaient et n'insisteront pas pour que le maître du Kremlin fasse le déplacement pour le Sommet du Brésil, les 6 et 7 juillet prochain. Moscou l'a confirmé ce mercredi 25 juin. Poutine sera absent pour le motif que l'on sait : le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), pour déportation illégale d'enfants ukrainiens, chose que l'auteur présumé conteste énergiquement. Mais il conteste chez lui, pas de risque inconsidéré. Le Brésil, qui a paraphé le traité fondateur de la CPI, aurait été dans l'obligation d'arrêter le président russe. Chose impensable, alors on évitera de plonger le président Lula da Silva dans cet embarras. Par contre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lui y sera. « Le président participera par vidéoconférence, mais le ministre des Affaires étrangères [Sergueï Lavrov, NDLR] sera présent au Brésil« , a précisé le conseiller diplomatique de Poutine, Iouri Ouchakov, en ajoutant : « Cela est dû à certaines difficultés dans le contexte des demandes de la CPI« . « Certaines difficultés… » ?! Le mot est un peu faible pour qualifier la situation dans laquelle se trouve le président russe. Pourtant son homologue brésilien avait clamé que Poutine serait « invité » en tant que membre fondateur en dépit du mandat d'arrêt de la CPI. On dira qu'il l'a dit pour donner des gages d'amitié et que le Kremlin les a reçus en tant que tel. On en restera là. Le président russe avait fait le show lors du dernier Sommet des BRICS, chez lui, à Kazan, cette fois il manquera la fête. Ça vous pourrit la vie un mandat de la CPI, demandez au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Pour éviter toute mauvaise surprise il a dû faire un détour de plusieurs centaines de kilomètres quand il revenait de Washington. Il y a des limites au courage physique de Poutine et Netanyahu, les risques ce sont leurs soldats qui les prennent sur le champ de bataille. A Rio de Janeiro il y aura bien entendu le pays hôte, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, et l'Afrique du Sud, plus les nouveaux membres que sont l'Egypte, l'Ethiopie, l'Indonésie, l'Iran et les Emirats arabes unis. L'Iran a bien vu durant son combat contre Israël et les USA que ce club est une coquille vide, qu'il n'est d'aucune utilité pratique à part les slogans sur le nouvel ordre mondial, mais si Téhéran peut s'y oxygéner un peu – des contrats et marchés – après sa guerre il ne boudera pas son plaisir. Poutine n'avait eu aucun souci début septembre dernier quand il a visité la Mongolie, qui est pourtant membre de la CPI. Oulan-Bator avait réservé un accueil haut en couleur à son invité, s'était assis sur ses obligations internationales et avait envoyé balader la CPI et l'Union européenne. Le Brésil n'ira pas jusque-là, comme l'Afrique du Sud l'avait fait diplomatiquement en août 2023 (officiellement c'est le président russe qui avait décliné l'invitation). L'honneur de tous sera sauf cette fois encore.
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