Douze jours de guerre auront suffi à infliger à Israël des pertes estimées à 10 milliards de shekels, soit environ 3 milliards de dollars, selon les premiers chiffres communiqués par le ministère israélien des Finances et l'Autorité fiscale. C'est le site économique Bloomberg qui a révélé ces données, soulignant l'ampleur exceptionnelle des dégâts provoqués par les frappes iraniennes, et le niveau inédit de vulnérabilité des défenses israéliennes, mis en lumière au fil de ce conflit. Le directeur général de l'Autorité fiscale, Shai Aharonovich, chargé de superviser les indemnisations, a déclaré : « C'est le plus grand défi auquel nous ayons été confrontés. Jamais auparavant Israël n'avait subi autant de dommages. » Un impact économique majeur encore sous-évalué Les 3 milliards de dollars évoqués ne couvrent ni le coût du remplacement des armes ni celui des systèmes de défense utilisés, ce qui pourrait porter le coût final du conflit à un niveau bien supérieur, une fois les évaluations complètes finalisées. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a pour sa part estimé que la facture globale pourrait atteindre 12 milliards de dollars. Un chiffre toutefois contesté par le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, qui l'a jugé « exagéré » lors d'une interview à Bloomberg TV, avançant un montant équivalent à la moitié. La banque centrale israélienne, qui tablait sur une croissance de 3,5 % pour l'année 2025, prévient que le choc économique de cette guerre pourrait remettre cette projection en question. 12 jours de paralysie nationale Le conflit, qui s'est étendu du 13 au 25 juin 2025, a profondément désorganisé la vie quotidienne en Israël. Ecoles fermées, entreprises à l'arrêt, sauf les plus essentielles, économie au ralenti : la guerre a figé l'activité dans de vastes zones du pays. La seule compensation directe annoncée pour les entreprises s'élève à 1,5 milliard de dollars, selon les estimations du ministère des Finances. Côté humain, les services d'urgence israéliens ont annoncé un bilan de 28 morts et plus de 1 300 blessés. En face, le gouvernement iranien a rapporté 627 décès. Pourquoi cette guerre a coûté bien plus que les précédentes Le conflit de juin 2025 s'avère nettement plus coûteux que les guerres antérieures menées contre le Hamas à Gaza ou le Hezbollah au Liban, pour deux raisons principales : 1. Les zones touchées ne se limitaient pas aux localités frontalières. Les missiles iraniens ont visé le cœur d'Israël, notamment la région centrale, incluant la grande agglomération de Tel-Aviv, qui concentre environ 50 % de la population israélienne sur un territoire de 1 600 km2 densément peuplé. 2. La puissance des armes utilisées : certains missiles balistiques iraniens transportaient jusqu'à 500 kg d'explosifs, associés à des charges à fragmentation, bien plus destructeurs que les projectiles habituellement tirés par le Hamas ou le Hezbollah. Des sites stratégiques israéliens ont été directement touchés, notamment le prestigieux Institut Weizmann et la principale raffinerie pétrolière de Haïfa. Un site militaire avec hôpital dans le sud du pays a également été visé par une frappe directe. Trump impose une trêve, les dégâts restent Le cessez-le-feu a été annoncé à l'aube du 25 juin par le président américain Donald Trump, mettant fin aux échanges de feu, notamment aux salves de drones et de missiles entre les deux puissances. Mais les conséquences économiques, humaines et stratégiques de cette guerre express demeurent profondes, tant en Israël qu'en Iran. Alors que les réparations et les indemnisations débutent, le coût politique et diplomatique du conflit pourrait, lui aussi, peser lourd dans la balance dans les mois à venir, au sein d'une région toujours sous haute tension. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!