En France, le Conseil départemental du culte musulman (CDCM) du Loiret a rendu publics les résultats d'une enquête inédite menée entre le 4 et le 14 juin 2025 auprès de plus de 1 000 habitants musulmans dans 53 communes du département, dont Orléans, Montargis et Pithiviers. Les chiffres recueillis dressent un constat alarmant : un climat de méfiance, d'exclusion et de stigmatisation largement sous-estimé par les institutions. 72 % des répondants victimes d'actes islamophobes Selon les données collectées par le CDCM 45, 72 % des personnes interrogées déclarent avoir été directement victimes d'actes islamophobes, en particulier dans l'espace public, le milieu scolaire ou le monde du travail. L'un des témoignages marquants évoque un harcèlement quotidien : « En portant le voile, je subis quotidiennement des regards hostiles et des remarques humiliantes. » Le Conseil s'inquiète de la banalisation de ces faits. Pour l'institution, il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais d'une réalité systémique, vécue au quotidien par une part importante de la population musulmane. Fait tout aussi préoccupant : 77 % des victimes déclarent n'avoir jamais signalé les faits. Parmi les raisons invoquées : la peur de représailles, la crainte de ne pas être crues, ou encore l'indifférence perçue des autorités. Un témoignage souligne notamment le refus d'un agent de signer une plainte, renforçant le sentiment d'abandon. Le CDCM alerte : cette absence de signalement contribue à l'invisibilisation du phénomène, et rend d'autant plus difficile toute réponse institutionnelle efficace. Une défiance croissante vis-à-vis des autorités L'enquête révèle également une perception inquiétante de la situation politique : * 58 % des sondés jugent injuste le rapport gouvernemental récemment publié sur les Frères musulmans et l'islamisme politique en France ; * 25 % des répondants affirment envisager de quitter le pays face à un climat qu'ils estiment de plus en plus délétère ; * Près d'un quart déclarent vivre leur quotidien comme une lutte pour préserver leur dignité. Ces indicateurs traduisent une perte de confiance dans les institutions républicaines et un repli identitaire latent, conséquence d'un sentiment de marginalisation croissant. Face à ce constat, le CDCM du Loiret appelle les institutions à une prise de conscience collective et propose plusieurs actions concrètes : * Reconnaissance officielle de la gravité des discriminations subies ; * Condamnation claire et systématique des actes islamophobes ; * Campagnes de sensibilisation, notamment dans les établissements scolaires ; * Renforcement des partenariats entre autorités, collectivités et communautés religieuses. Malgré tout, le CDCM insiste sur sa volonté de dialogue constructif avec les services de l'Etat : « Nous tenons à souligner que le CDCM bénéficie d'une écoute attentive de la part des services préfectoraux », indiquent ses membres, tout en ajoutant que « la perception de stigmatisation exprimée par les répondants reste un signal d'alarme à prendre au sérieux ». Ainsi, l'enquête du CDCM 45 révèle une fracture sociale et civique préoccupante dans le Loiret. Si l'instance musulmane départementale se félicite du dialogue entamé avec les autorités, elle appelle à des mesures concrètes et visibles pour lutter contre l'islamophobie, restaurer la confiance et garantir à chaque citoyen le respect de sa dignité et de ses droits fondamentaux. Les chiffres avancés constituent un appel à l'action, bien au-delà des frontières du Loiret. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!