L'Agence de presse algérienne (APS) est de tous les combats, surtout quand il s'agit de rétablir des vérités que la France tente de maquiller ou de taire carrément. En ce moment c'est l'absence de l'écrivain Boualem Sansal sur la liste des bénéficiaires de la grâce présidentielle du 3 juillet 2025 qui agite les esprits à Paris. Ça jase beaucoup, dans les médias, à droite, à l'extrême droite, mais l'exécutif et la diplomatie français se sont bien gardés de se joindre à ce concert. Les autorités ont mis du temps mais ont fini par comprendre que l'agitation, l'invective et les menaces se retournent contre les détenus. Alors le silence est d'or. Même quand la condamnation de Sansal a été confirmée en appel – la peine de prison a été ramenée à 5 ans – on n'a pas entendu le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau... Pourtant c'est lui qui méthodiquement soufflait sur les braises. Il faut croire que le chef de la diplomatie et son patron, le président Emmanuel Macron, ont fini par convaincre Retailleau que son obsession pour l'Algérie soigne peut-être ses intérêts électoralistes – la présidentielle de 2027 – mais nuisent aux intérêts supérieurs de la nation. Mais la « disparition » du ministre n'a pas fait disparaître le camp des tenants du rapport de force avec Alger. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, un homme dont la France aura grand besoin dans cette tempête mondiale, s'est adressé dimanche dernier sur LCI à ceux qui guerroient contre l'Algérie. L'APS est revenue à la charge hier lundi 7 juillet. «Contrairement aux illusions entretenues par une extrême droite française revancharde, qui n'a jamais digéré l'indépendance de l'Algérie, Boualem Sansal n'a pas été concerné par la grâce présidentielle décrétée par le Président Abdelmadjid Tebboune, à l'occasion du 5 Juillet», a écrit l'agence officielle algérienne. Elle est d'avis que l'écrivain franco-algérien «reste en réalité, prisonnier de ses propres fantasmes, bien plus anciens que son procès, et surtout, il constitue l'alibi idéal pour relancer, comme il fallait s'y attendre, une nouvelle campagne de haine et de désinformation contre l'Algérie». L'APS fait le constat que depuis des mois «éditorialistes à gages, chroniqueurs enragés et faux intellectuels reconvertis en pyromanes recyclent les mêmes éléments de langage : Sansal serait le symbole d'un régime oppressif qu'il faudrait « faire plier » par un chantage diplomatique à peine déguisé. Et tant pis si la France, grande donneuse de leçons, compte plus de 2.297 ressortissants derrière des barreaux à travers le monde sans jamais hurler au drame national». Le texte dit que l'Algérie est ciblée «parce qu'elle ose juger, sur son sol et selon ses lois, un citoyen algérien de naissance, formé par ses universités, employé par ses institutions et retraité comme cadre supérieur de l'Etat». Une manière de rappeler à ceux qui l'auraient oublié que l'écrivain est avant tout un citoyen algérien. «Boualem Sansal n'est pas un otage : il a été jugé pour un délit relevant de l'ordre interne, lié à l'unité nationale, une ligne rouge pour tout Etat digne de ce nom», martèle l'agence de presse. «Alors où est la France dans tout cela ? Nulle part, sinon dans une posture néocoloniale assumée par une partie d'une classe politique en mal de repères et qui persiste à conditionner les relations bilatérales à son niveau d'ingérence», assène l'APS. Elle dit que derrière le tintamarre il y a une «stratégie bien préparée qui se révèle au grand jour : raviver l'algérophobie pour détourner l'attention des véritables crises que connaît l'Hexagone. On agite le spectre de «ingouvernable», on recycle la nostalgie de «l'Algérie française», on ressuscite l'OAS à travers des éditoriaux, tribunes et plateaux TV racoleurs». L'agence soutient que ceux qui se drapent avec la cause de l'ancien cadre du ministère algérien de l'Industrie «ne veulent pas défendre Sansal qui n'est qu'un prétexte, ils veulent surtout rallumer une guerre mémorielle, flatter l'électorat nostalgique et fournir un dérivatif commode aux crises bien réelles : fracture sociale, violences policières, intégration en panne (...). L'ennemi algérien, hier fellaga, aujourd'hui «dictature», reste leur chiffon rouge favori», dit le texte. «Qu'ils aboient donc. L'Algérie, elle, reste debout, fidèle à ses principes et jalouse de sa souveraineté. Boualem Sansal est une affaire algéro-algérienne. Les oukases parisiens n'y changeront rien. Sur leurs plateaux, ils peuvent éructer leur fiel : même la bave bollorienne la plus concentrée ne ternira jamais la blancheur d'Alger (…). L'Histoire, la vraie, a déjà tranché : le temps des maîtres et des valets est révolu, et nul ne nous fera plier devant un passé qu'ils s'obstinent seuls à ressusciter pour nourrir leur rancœur», conclut l'APS.
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