Une femme d'affaires canadienne, Paula Callejas, se trouve au cœur d'un tourment juridique et humain aux Etats-Unis. Âgée de 45 ans, la Montréalaise est détenue par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) depuis le 28 mars 2025. Elle rêvait d'implanter sa marque de maillots de bain en Floride, un projet brutalement interrompu dans un contexte migratoire de plus en plus rigide sous l'administration Trump. Tout bascule pour Paula Callejas à la fin mars, après avoir été interpellée pour une altercation avec son ancien compagnon. Bien qu'elle clame son innocence et affirme avoir agi pour se défendre, elle a été remise aux autorités de l'immigration en raison de l'expiration de son visa temporaire. Sa famille précise qu'elle avait soumis une demande de renouvellement en février, rejetée pour une simple erreur de couleur d'encre lors de la signature. Elle avait pourtant corrigé la procédure dans les temps. L'ICE maintient qu'elle restera en détention jusqu'à la fin de la procédure d'immigration, sans possibilité de retour immédiat au Canada. Une détention prolongée et un moral en chute « Elle était très forte, très forte... Maintenant, chaque jour, elle pleure et dit qu'elle n'en peut plus », confie sa mère, Maria Estella Cano. Paula a déjà été transférée dans trois centres de détention différents, et la situation pèse lourdement sur la santé mentale de l'entrepreneure. Sa famille dit vivre un cauchemar, tant émotionnel que financier. Les frais juridiques explosent : le seul dépôt de documents par un avocat a coûté 5 000 dollars américains. Installée temporairement en Floride, Callejas avait acheté une propriété et participé à plusieurs événements de mode, dont la prestigieuse Miami Swim Week. Après le décès de son père en 2020, elle avait relancé sa marque canadienne de maillots de bain, fondée en 2012, et misé sur le marché floridien. Sa famille espère désormais qu'elle pourra rentrer au Canada pour finaliser sa demande d'immigration dans des conditions plus favorables. Une politique migratoire durcie sous Trump Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a renforcé les mesures contre l'immigration illégale. Bien que son administration affirme viser les personnes ayant un casier judiciaire, elle applique la politique de tolérance zéro à tous les étrangers en situation irrégulière. D'après Affaires mondiales Canada, environ 55 Canadiens sont actuellement détenus par l'ICE. Le nombre reste stable mais fluctue au gré des expulsions et nouvelles arrestations. Le cas de Johnny Noviello, un Canadien décédé en détention en juin 2025 en Floride, a suscité une vive émotion. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand a déclaré que les autorités consulaires canadiennes cherchaient activement à obtenir des informations supplémentaires sur cette affaire. Ce dossier met en lumière les conséquences imprévisibles et parfois disproportionnées de la législation migratoire américaine, même pour des ressortissants de pays alliés comme le Canada. L'arrestation de Paula Callejas illustre la fragilité du parcours migratoire, où une erreur administrative peut entraîner des détentions prolongées. L'affaire soulève également la question du respect des droits fondamentaux des détenus en situation administrative et de l'accompagnement consulaire offert aux citoyens canadiens à l'étranger. Elle rappelle enfin à quel point les aspirations entrepreneuriales à l'international peuvent être entravées par des cadres réglementaires rigides, au détriment de la mobilité et de la coopération économique. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!