Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a lancé un appel fort au sein de l'Union européenne pour suspendre les accords de partenariat avec Israël, dénonçant une situation humanitaire dramatique dans la bande de Gaza. Dans une interview exclusive accordée à la chaîne Al Jazeera, le ministre a déclaré que « continuer à traiter avec Israël comme si de rien n'était n'est plus acceptable », face à une guerre qui, selon lui, « a perdu tout fondement militaire ou moral ». Albares s'est dit « choqué » par les scènes de famine, de bombardements incessants et de déplacements forcés de civils dans le territoire palestinien. « Ce que vivent les habitants de Gaza dépasse l'entendement », a-t-il affirmé, appelant à un arrêt immédiat des hostilités et à l'ouverture sans délai de corridors humanitaires sûrs et neutres. Une initiative européenne pour la paix L'Espagne, aux côtés de 24 autres Etats, a signé une déclaration commune réclamant l'accès libre et rapide de l'aide humanitaire à Gaza. Le ministre a vivement critiqué les blocages opérés par Israël, les qualifiant de « honteux » et « inacceptables ». « Nous parlons de femmes, d'enfants, de civils. Ce n'est pas négociable. Si nous n'agissons pas maintenant, nous trahissons les principes fondamentaux du droit humanitaire », a-t-il insisté. Concernant les délais réclamés par Tel Aviv pour faciliter l'entrée de l'aide, le diplomate espagnol a opposé une fin de non-recevoir : « Le temps presse. Gaza survit depuis des mois sans accès régulier à l'alimentation, au carburant ou aux médicaments. L'attente n'est plus une option. » Des mesures concrètes déjà en place Madrid a déjà mis en œuvre plusieurs sanctions : interdiction d'exportation d'armes vers Israël, refus d'accueillir les navires transportant des armements à destination d'Israël, et sanctions ciblées contre des colons violents. L'Espagne continue également son soutien à l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (O.N.U.R.W.A.), en dépit des pressions. Albares a aussi exprimé l'appui fort de son pays à la plainte de l'Afrique du Sud contre Israël déposée devant la Cour internationale de justice. « Notre engagement découle de notre attachement profond aux règles internationales. Elles ne sont pas optionnelles, elles garantissent la protection des civils en temps de guerre », a-t-il rappelé. Vers une pression accrue sur Israël au sein de l'UE Le ministre espagnol a indiqué que son pays œuvrait à élargir le soutien à la suspension des accords de partenariat entre l'Union européenne et Israël. Selon lui, cette démarche pourrait faire basculer le rapport de force diplomatique. « Il faut cesser de se comporter comme si rien ne se passait. L'UE doit parler d'une seule voix et imposer des mesures concrètes », a-t-il déclaré. José Manuel Albares a également souligné l'urgence de relancer un processus de paix basé sur la solution à deux Etats. Un sommet international sur ce dossier devrait se tenir prochainement, selon ses propos. « C'est le seul chemin possible pour construire une paix durable », a-t-il conclu. Résumé des chiffres et mesures clés : * 24 pays signataires d'une déclaration conjointe appelant à des corridors humanitaires immédiats. * Interdiction par l'Espagne d'exportation d'armes vers Israël et de transit maritime pour les navires transportant des armes. * 67 % des habitants de Gaza vivent sans accès régulier à nourriture, carburant ou médicaments (selon les données de l'ONU). * Soutien actif de l'Espagne à la plainte sud-africaine devant la Cour internationale de justice contre Israël. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!