Après la tuerie de masse de mars 2025 sur la cote syrienne, 1700 morts dit l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l'homme), les conclusions du rapport de la Commission nationale d'enquête tombent ce lundi 22 juillet. Rappelons que la minorité alaouite, à laquelle appartient le président déchu Bachar al-Assad, avait été prise pour cible. Le document, qui est sur le bureau du président Ahmad al-Chareh depuis le 13 juillet 2025, dit avoir clairement identifié 298 suspects mouillés dans ce carnage qui a fait au moins 1426 décès. Que fera le président par intérim ? Il s'était engagé publiquement à diligenter une enquête impartiale et implacable sur ces événements sanglants qui ont émaillé son règne ; il avait fait la promesse de punir tous les coupables, promesse réitérée par le porte-parole du ministère de la Défense. Après le déballage de ce rapport, avec les noms des auteurs de ces crimes, les autorités pourront difficilement se soustraire à leurs responsabilités. « La commission a identifié 298 personnes nommément impliquées dans les violences« , a déclaré son porte-parole, Yasser al-Farhan, lors d'une conférence de presse à Damas. Il a indiqué que c'est « un nombre provisoire », ce qui signifie que le bilan de l'OSDH, basé sur des relais bien informés sur le terrain, tient la route. Par ailleurs la commission a établi « de graves violations contre les civils les 7, 8 et 9 mars, notamment des meurtres, des meurtres prémédités, des pillages et des incendies de maisons, des tortures et des insultes à caractère confessionnel« . Le travail a permis de confirmer les noms de 1426 individus assassinés parmi lesquels 90 femmes. L'écrasante majorité étant des civils issus de la communauté alaouite dans la région côtière... Il y a d'autres victimes dont l'identité n'a pu être confirmée. La commission dit avoir étayé son rapport avec plus de 30 descentes sur le terrain, des discussions avec des dizaines de personnes dans les villes et villages où les exactions se sont produites, ainsi que les témoignages de centaines de victimes et témoins, de responsables gouvernementaux. Le nouveau pouvoir avait accusé les partisans armés d'al-Assad d'avoir fomenté les violences en s'en prenant aux forces de sécurité, ce qui a justifié cette contre-offensive disproportionnée. Le ministère de la Défense s'était vanté publiquement d'avoir maté dans le sang la dite « rébellion des vestiges du régime déchu« . Le rapport dit le contraire, avec des exécutions sommaires et extrajudiciaires de civils non armés. D'après la commission, 238 membres des forces de sécurité et de l'armée ont perdu la vie dans les provinces de Lattaquié, Tartous et Hama lors de ces heurts. Les autorités ont répliqué en sortant l'artillerie lourde dans la région, le comité évalue les combattants du régime à 200 000. Quand on vous disait que la réaction du pouvoir en place est disproportionnée... D'après l'OSDH, ces forces, épaulées par des groupes paramilitaires, ont perpétré des massacres et des « exécutions sommaires« , causant 1700 morts parmi les civils, majoritairement alaouites. Des ONG syriennes et internationales évoquent des massacres à caractère confessionnel, qui ont décimé des familles entières, n'épargnant ni les femmes ni les enfants ni les personnes âgées. Certains tueurs se sont même filmés en train d'abattre des civils à bout portant, après les avoir insultés et frappés. La commission d'enquête, mise en place le 9 mars 2025 par le président al-Chareh, devait transmettre son rapport en avril dernier, mais son mandat a été prolongé de 3 mois le 10 avril dernier. Toujours est-il que le chef de l'Etat a tous les éléments et noms qu'il lui faut. Place à la justice, guettée par la communauté internationale, surtout le président américain Donald Trump, qui a fait le pari de la levée des sanctions. Après ça les autorités devront faire toute la lumière sur les violences confessionnelles – encore elles – entre la minorité druze (d'obédience chiite) et les tribus bédouines, des sunnites. L'armée, pilotée par des ex-djihadistes sunnites, avait choisi son camp, que vous devinerez aisément. Là aussi le président al-Chareh devra rendre des comptes sur les 1200 morts de la province de Soueida (au sud de la Syrie).
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