Hasna, restauratrice franco-marocaine et mère de trois enfants, a été violemment agressée samedi 19 juillet 2025 devant son établissement, à La Roche-Posay (département de la Vienne). L'agression, à la fois physique, sexuelle et verbale, a choqué la commune, provoquant un élan de solidarité mais aussi une profonde indignation face au sentiment d'impunité qui entoure les faits. Une agression aux relents de haine Selon le témoignage recueilli par France Bleu, la scène s'est déroulée en pleine journée, lorsqu'Hasna est sortie à la rencontre de deux hommes venus l'importuner. L'un d'eux était déjà intervenu quelques jours plus tôt, après un différend lié à des clients alcoolisés que la restauratrice avait refusé de servir. Hasna raconte qu'en les rejoignant à l'extérieur, elle a immédiatement été agressée : « J'ai senti ma fesse serrée dans sa main ». Ce geste d'agression sexuelle précède une série de coups violents. « Je me suis pris plusieurs coups, au niveau des fesses, des genoux, du visage et du sein », confie-t-elle, encore traumatisée. Mais ce ne sont pas uniquement les coups qui la marquent : ce sont aussi les mots. Les insultes racistes fusent : « Ils me disent que je suis une sale Arabe, que je n'ai rien à faire à La Roche-Posay ». Des propos glaçants qui traduisent un rejet identitaire brutal. Un sentiment d'abandon Lorsque les gendarmes arrivent sur les lieux, Hasna pense trouver un réconfort. Pourtant, à sa grande incompréhension, aucun des agresseurs n'est interpellé. « Ce qui m'a encore plus traumatisée, c'est qu'ils sont repartis, avec le sourire en plus », déclare-t-elle, bouleversée. Les forces de l'ordre, dit-elle, lui auraient simplement exprimé leurs regrets sans agir. « Je suis plus désolée pour moi-même, qui me suis faite agresser. » Le rapport médical mentionne des douleurs multiples : coccyx, épaule, côtes, genou... mais surtout, une « grande détresse psychologique ». Hasna vit désormais recluse, sous traitement anxiolytique, hantée par des cauchemars violents. « Je fais des cauchemars dans lesquels ils me violent, ils rouent mes enfants de coups, ils me brûlent chez moi. » Réactions locales et silence judiciaire Hasna a déposé plainte le 20 juillet. À ce jour, le parquet de Poitiers ne s'est pas exprimé publiquement sur cette affaire, ce qui ajoute à la colère de la victime et de ses soutiens. En revanche, la maire de La Roche-Posay, Pascale Moreau, a déclaré être « choquée » et a fermement dénoncé l'agression : « Je n'accepte pas et dénonce toute forme d'agression et de violence. » Cette affaire ravive des débats récurrents en France sur les violences racistes, la protection des femmes, et les défaillances perçues dans la réponse des autorités face aux actes de haine. Sur les réseaux sociaux, des appels à la justice pour Hasna se multiplient, accompagnés du mot-clé #JusticePourHasna. Une blessure sociale encore ouverte Hasna, installée depuis peu dans cette commune thermale réputée, voulait simplement bâtir un avenir pour sa famille à travers son restaurant. Aujourd'hui, elle vit dans la peur et le repli. Son témoignage met en lumière une réalité encore trop souvent tue : celle de femmes issues de l'immigration, exposées à la double violence du racisme et du sexisme, parfois dans l'indifférence des institutions. Le silence judiciaire ne saurait durer. Car derrière ce fait divers, c'est une question de société qui se pose : dans quelle France certaines femmes peuvent-elles encore être agressées pour avoir simplement ouvert un restaurant ? Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!