Un technocrate devenu porte-voix des menaces du Kremlin Dmitry Medvedev, ancien président de la Russie (2008–2012) et ex-Premier ministre, incarne aujourd'hui la ligne la plus dure du régime de Vladimir Poutine. Alors qu'il fut un temps perçu comme modéré, il s'est reconverti en propagandiste zélé sur Telegram, multipliant les insultes et les menaces de guerre nucléaire. Fidèle... et discret Proche de Vladimir Poutine depuis les années 1990, Medvedev est un loyal serviteur du Kremlin. Mais sa fidélité n'est pas le seul atout qui a motivé sa sélection comme président « intérimaire » en 2008. Selon plusieurs analystes russes et occidentaux, Medvedev aurait été choisi précisément parce qu'il ne risquait pas de faire de l'ombre à son mentor : de petite taille, au physique terne, à l'élocution prudente, il portait même — comme Poutine — des talonnettes pour paraître plus imposant. Un détail révélateur d'un Kremlin où l'image compte presque autant que la loyauté. Des menaces contre Trump Aujourd'hui vice-président du Conseil de sécurité russe, Medvedev a surpris en menaçant directement Donald Trump, l'ancien président américain, au sujet de ses déclarations sur la guerre en Ukraine : « Qu'il ne s'avise pas de s'ingérer, sinon il en paiera le prix. » Une sortie agressive qui tranche avec l'image passée d'un Medvedev technocrate. Mais l'homme s'est depuis mué en messager des pires colères du Kremlin. Navalny révèle « l'empire caché » de Medvedev En 2017, le Fonds anticorruption d'Alexeï Navalny publie une enquête explosive : « Il n'est pas Dimon pour vous ». Cette vidéo-document, devenue virale, accuse Medvedev d'avoir constitué un empire immobilier secret, avec des palais, des vignobles, des yachts, financés via des fondations écrans. Le rapport évoque une fortune détournée à travers des circuits opaques, sur fond de clientélisme d'Etat. Medvedev ne répondra jamais à ces accusations. Le Kremlin restera silencieux. Mais l'image de l'ancien président en sort ternie à jamais. Rumeurs d'alcool et dérive verbale Plusieurs diplomates et journalistes rapportent que Medvedev affiche parfois des signes d'élocution altérée ou de propos incohérents, notamment dans ses messages nocturnes publiés sur Telegram. Si aucune preuve formelle ne le confirme, les rumeurs sur un usage régulier d'alcool nourrissent l'image d'un homme désinhibé, presque incontrôlable dans ses prises de parole. Un homme à la posture inquiétante Medvedev n'a plus de rôle exécutif direct, mais il est désormais l'un des principaux vecteurs de la radicalisation idéologique du pouvoir russe. L'homme qui ne devait être qu'un intérimaire sans envergure est devenu le visage grimaçant d'un pouvoir en guerre ouverte contre l'Occident. Conclusion Choisi pour sa loyauté… et sa discrétion physique, Dmitry Medvedev est aujourd'hui l'un des plus virulents porte-parole de la Russie poutinienne. Accusé de corruption par Navalny, objet de soupçons persistants d'alcoolisme, il n'en reste pas moins un acteur stratégique dans l'appareil d'Etat, dont les menaces contre l'Occident, y compris Donald Trump, doivent être prises au sérieux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!