La « représentante spéciale pour la lutte contre l'islamophobie » du gouvernement canadien, Amira Elghawaby, a apporté son soutien à un ensemble de propositions controversées visant à donner aux autorités le pouvoir de supprimer les publications en ligne de responsables politiques jugées comme de la « désinformation » et de sanctionner leurs auteurs. Un rapport qui dénonce une montée des discriminations Ces recommandations sont issues d'un rapport volumineux intitulé Documenting the "Palestine Exception", publié par des organisations musulmanes et le Islamophobia Research Hub de l'Université York. Le document affirme que le racisme anti-palestinien, l'islamophobie et les préjugés anti-arabes auraient fortement augmenté au Canada depuis le 7 octobre 2023. Outre la documentation de cas présumés de menaces, de campagnes de dénigrement et de discriminations, le rapport préconise que les élus soient tenus à « un standard plus élevé » dans leurs communications publiques. Il recommande à l'Office du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique d'établir des règles contraignantes contre la diffusion de « fausses informations » visant des minorités, avec suppression publique des contenus incriminés et consultation des communautés concernées avant toute prise de position sur des sujets sensibles. Reconnaissance officielle et critiques Le rapport demande également la reconnaissance officielle, à tous les niveaux de gouvernement, du concept de « racisme anti-palestinien ». Les critiques craignent que cette notion ne serve de prétexte pour limiter la liberté d'expression et restreindre les critiques virulentes des mouvements ou politiques palestiniens. Il est à noter que le document ne cite aucun exemple concret de députés ou sénateurs ayant diffusé de fausses informations, malgré l'ampleur de ses recommandations. Pour Amira Elghawaby, ce rapport constitue un « outil précieux » pour orienter ses conseils politiques auprès du gouvernement d'Ottawa. Mais pour les opposants, le danger est clair : accorder à des instances politiques le pouvoir d'effacer les déclarations d'élus sur la base de définitions controversées de la « désinformation » ouvrirait la voie à des abus et pourrait dissuader toute critique légitime. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!