Un contrôleur aérien de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a été suspendu ce mardi 12 août, après avoir prononcé les mots "Free Palestine" lors d'un échange radio avec l'équipage d'un avion de la compagnie israélienne El Al, la veille. Le ministre français des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé, en personne, que "l'analyse des enregistrements prouve que les faits sont avérés" et qu'"une procédure disciplinaire a été immédiatement engagée". Il a appelé à "une sanction à la hauteur de la gravité des faits", jugeant que cette prise de parole contrevenait "aux règles des radiocommunications, qui doivent se limiter à la sécurité et à la régularité du trafic aérien", ainsi qu'au "devoir de réserve" imposé aux fonctionnaires, dont les contrôleurs aériens. Le contrôleur est désormais privé de toute possibilité d'exercer jusqu'à nouvel ordre. Cet incident a été signalé par la compagnie israélienne El Al, déclenchant l'ouverture d'une enquête administrative dès ce mardi matin. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a qualifié cet épisode d'"incident inacceptable", estimant qu'il contrevient "à l'impératif de neutralité politique" et aux protocoles de sécurité en vigueur lors des communications entre une tour de contrôle et un avion en phase de décollage. Une position française controversée Cet incident met en lumière la position particulièrement stricte de la France, qui interdit toute déclaration pro-palestinienne dans le cadre professionnel, même symbolique. Si le respect de la neutralité des agents publics est un principe établi, son application rigide dans un contexte où des milliers de civils sont tués à Gaza interroge sur la capacité des institutions françaises à tolérer l'expression d'un soutien humanitaire ou pacifiste, indépendamment des tensions politiques. Cette fermeté, dénoncée par certains comme une atteinte à la liberté d'expression, alimente le débat sur la manière dont la France gère les discours liés au conflit israélo-palestinien. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!