Les exportations japonaises ont enregistré en juillet 2025 leur plus forte baisse depuis février 2021, reflétant l'impact des droits de douane américains imposés par l'administration de Donald Trump. Selon les chiffres publiés mercredi par le ministère japonais des Finances, les expéditions nippones ont reculé de 2,6% sur un an en valeur. Les Etats-Unis, principal point de tension Vers les Etats-Unis, le recul est encore plus marqué : -10,1% en valeur, avec un effondrement des exportations de véhicules (-28,4%) et de pièces détachées automobiles (-17,4%). Ces deux secteurs, qui représentent environ un tiers des exportations japonaises vers le marché américain, n'ont toutefois reculé en volume que de 3,2% et 2,7%, traduisant un ajustement des prix. « Cela suggère que la hausse des droits de douane américains commence à avoir des répercussions », analyse Marcel Thieliant de Capital Economics. Il souligne également que les constructeurs japonais réduisent leurs prix pour maintenir leur compétitivité. Depuis avril, Washington a imposé des droits de douane de 25% sur les véhicules et pièces détachées japonais, et en juin, les importations d'acier ont été frappées d'une surtaxe de 50%. Fin juillet, un accord commercial a ramené ces droits à 15%, mais le calendrier de mise en œuvre reste flou. « Si la baisse entre en vigueur en septembre, ce sera un soulagement. Mais si elle n'est pas appliquée, l'impact négatif sera encore plus important », a averti Taro Saito du NLI Research Institute, cité par Bloomberg. Toyota face à une facture colossale Le premier constructeur japonais, Toyota, a déjà chiffré l'impact de ces mesures. Début août, le groupe a estimé que les surtaxes réduiraient son bénéfice d'exploitation de 1.400 milliards de yens (soit 8,14 milliards d'euros) pour l'exercice 2025-2026, qui s'achèvera fin mars prochain. Si les économistes estiment que les chiffres de juillet ne traduisent pas encore un effondrement général des exportations japonaises, les perspectives demeurent préoccupantes. « Nous prévoyons que le ralentissement de la demande extérieure entraînera une croissance plus modérée au cours des prochains trimestres », anticipe Marcel Thieliant. La Banque du Japon (BoJ), qui a entamé un resserrement monétaire au printemps 2024, a maintenu sa prudence lors de sa réunion de fin juillet. L'institution a évoqué des « incertitudes élevées » quant à l'évolution du commerce mondial, confirmant que la trajectoire des exportations japonaises sera déterminante pour sa politique à venir. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!