L'administration américaine a dévoilé, jeudi, une nouvelle proposition visant à restreindre la durée des visas accordés aux étudiants et journalistes étrangers. Cette initiative, portée par le président Donald Trump, s'inscrit dans une politique plus large de durcissement des conditions de l'immigration légale aux Etats-Unis. Selon le projet, les visas étudiants ne permettraient plus de rester plus de quatre ans sur le territoire américain, tandis que les journalistes étrangers seraient limités à 240 jours de séjour, renouvelables par périodes identiques. Les journalistes chinois, eux, ne pourraient obtenir qu'un visa de 90 jours. Jusqu'ici, les Etats-Unis octroyaient des visas couvrant la durée complète des programmes universitaires et pouvant aller jusqu'à cinq ans pour les professionnels des médias. Une mesure justifiée par la sécurité nationale Le ministère de la Sécurité intérieure a justifié cette décision en affirmant que « pendant trop longtemps, les administrations précédentes ont autorisé des étudiants étrangers et d'autres détenteurs de visas à rester presque indéfiniment », ce qui constituerait selon lui un risque pour la sécurité et un fardeau financier pour les contribuables américains. La proposition a été publiée dans le Federal Register, le journal officiel du gouvernement fédéral, ouvrant une période de consultation publique avant une éventuelle entrée en vigueur. Un enjeu économique majeur Les chiffres soulignent pourtant l'importance des étudiants étrangers pour l'économie américaine. Selon le ministère du Commerce, leur contribution s'élevait à plus de 50 milliards de dollars en 2023, grâce aux frais de scolarité et aux dépenses liées à leur séjour. Lors de l'année académique 2023/2024, plus de 1,1 million d'étudiants internationaux ont été accueillis aux Etats-Unis, un chiffre qui place le pays en tête mondiale pour l'attractivité universitaire. Les universités américaines dépendent fortement de ces étudiants, qui paient généralement l'intégralité de leurs frais. Contexte politique et tensions universitaires Depuis plusieurs mois, l'administration Trump multiplie les mesures restrictives, notamment envers les universités accusées de tolérer des discours jugés antisémites lors des manifestations liées à la guerre dans la bande de Gaza. Le département d'Etat a déjà annoncé, mi-août, la révocation de 6 000 visas étudiants depuis le début de l'année. Par ailleurs, environ 55 millions de détenteurs de visas ont vu leurs documents soumis à des contrôles renforcés. Si cette réforme entre en vigueur, elle affectera directement des centaines de médias étrangers disposant de correspondants accrédités aux Etats-Unis, ainsi que l'ensemble du système universitaire américain qui tire une part importante de ses ressources des étudiants internationaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!