À moins d'un mois de l'Assemblée générale des Nations Unies prévue en septembre à New York, une décision américaine provoque l'indignation internationale. Près d'une centaine de responsables palestiniens, dont le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, se sont vu refuser un visa par Washington. Une décision en rupture avec l'esprit des Nations Unies En vertu de l'accord conclu en 1988 entre l'ONU et les Etats-Unis, pays hôte, les fonctionnaires et délégations doivent avoir libre accès au siège new-yorkais. Le refus américain est perçu comme une atteinte grave à la neutralité de l'ONU, qui doit rester un espace ouvert au dialogue universel. La diplomatie américaine a justifié sa décision en affirmant qu'il était dans « l'intérêt de la sécurité nationale » de tenir l'OLP et l'Autorité palestinienne « responsables de compromettre les perspectives de paix ». Une argumentation rejetée par les Palestiniens, qui rappellent que des décennies de négociations sous médiation américaine n'ont jamais permis de mettre fin à l'occupation israélienne. Vives réactions en Europe La France a réagi avec fermeté par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Depuis Copenhague, il a déclaré : « Le siège des Nations Unies est un lieu de neutralité. C'est un sanctuaire, au service de la paix. Une Assemblée générale ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès ». Le ministre luxembourgeois Xavier Bettel a, lui, suggéré d'organiser une session spéciale à Genève, rappelant qu'en 1988 déjà, l'ONU avait déplacé une session en Suisse après que Yasser Arafat se soit vu refuser un visa par Washington. D'autres voix européennes, dont celles d'Irlande et d'Espagne, dénoncent une instrumentalisation des règles diplomatiques et appellent l'Union européenne à prendre position. Ce refus de visas intervient dans un contexte sensible : plusieurs Etats, dont la France, prévoient de reconnaître officiellement l'Etat de Palestine lors de la session de septembre. Déjà, 147 pays sur 193 membres de l'ONU ont franchi ce pas. Les Etats-Unis, eux, continuent de défendre une solution par des négociations bilatérales entre Israël et la Palestine, une voie jugée stérile par nombre d'acteurs internationaux. Un signal inquiétant L'absence de Mahmoud Abbas et de sa délégation prive la Palestine d'une tribune essentielle alors même que la question de sa reconnaissance est au cœur des débats. Cette décision américaine est perçue comme une tentative de museler la voix palestinienne et de confisquer la neutralité onusienne. Pour de nombreux observateurs, ce scandale illustre la mainmise de Washington sur le siège des Nations Unies, transformant un lieu censé incarner la diplomatie mondiale en un instrument politique au service d'intérêts nationaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!