Un long rapport d'investigation du New York Times a révélé qu'Israël aurait réussi, lors de la guerre qui l'a opposée à l'Iran en juin 2025, à éliminer un grand nombre de chefs militaires et de scientifiques nucléaires iraniens grâce à l'exploitation de failles humaines liées à l'usage des téléphones portables par leurs gardes et chauffeurs. Selon le journal américain, la confrontation entre Téhéran et Tel-Aviv ne s'est pas jouée uniquement sur le champ de bataille mais dans une « guerre de l'ombre », où la supériorité technologique israélien a transformé la négligence des accompagnateurs iraniens en véritable fil rouge menant aux cibles. Des failles humaines exploitées Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien s'était réuni le quatrième jour du conflit dans un abri souterrain à Téhéran, en présence du président Massoud Pezeshkian et de hauts responsables. Alors que les dirigeants étaient privés de téléphones pour des raisons de sécurité, Israël a lancé une frappe aérienne qui a visé l'entrée du site. Si les responsables sont sortis indemnes, plusieurs gardes ont été tués. L'enquête a montré qu'Israël avait suivi en temps réel les signaux des téléphones portés par les gardes, permettant de localiser le site. D'après l'ancien haut fonctionnaire Sassan Karimi, ce sont les publications imprudentes sur les réseaux sociaux et l'utilisation des appareils par les escortes qui ont compromis la sécurité des chefs et des scientifiques. Une liste d'éliminations ciblées Toujours selon le New York Times, Israël a constitué dès fin 2022 un « groupe coupe-têtes » chargé de passer en revue les profils de chercheurs du nucléaire, réduisant une liste initiale de 400 noms à 100, puis à 13 scientifiques ciblés, dont Téhéran a reconnu la mort. Parallèlement, l'armée israélienne a conduit des opérations spéciales : * « Mariage rouge », destinée à frapper les hauts gradés des Gardiens de la révolution, dont le général Amir Ali Hajizadeh, chef de la force aérospatiale, tué dans un raid. * « Narnia », focalisée sur les scientifiques soupçonnés de travailler sur les dispositifs de mise à feu nucléaire. Des aveux iraniens et une alerte stratégique L'affaire a déclenché un débat interne en Iran. Hamzeh Safavi, fils du conseiller militaire du guide suprême Ali Khamenei, a reconnu que le supérieur technologique israélien constitue une menace existentielle, appelant à une réforme en profondeur des dispositifs sécuritaires. Le nouveau commandant des Gardiens de la révolution, le général Ahmad Vahidi, a de son côté souligné que Tel-Aviv s'appuyait essentiellement sur les satellites, la surveillance technique et le renseignement électronique pour obtenir des informations précises, allant jusqu'à identifier des cibles par la voix ou l'image. Mais malgré les interdictions, certains gardes ont continué à porter leurs téléphones et à les utiliser, offrant à Israël une porte d'entrée décisive pour ses frappes ciblées. Une guerre de l'ombre intensifiée Le président iranien Massoud Pezeshkian a témoigné avoir lui-même contribué à dégager un passage sous les décombres pour sortir avec d'autres responsables de l'abri bombardé. Pour le New York Times, cette guerre illustre la nouvelle réalité des conflits modernes : plus que les chars et l'artillerie, ce sont les « erreurs humaines » couplées à la surveillance de haute technologie qui peuvent déterminer l'issue d'un affrontement. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!