Le parlement grec a adopté, mercredi, une loi sur l'immigration qui suscite une vive controverse. Le texte prévoit l'« expulsion forcée » des demandeurs d'asile déboutés et criminalise le séjour irrégulier sur le territoire, désormais passible de deux à cinq ans de prison. Un vote marqué par des divisions politiques Malgré les critiques exprimées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le médiateur grec, le syndicat des juges administratifs et de nombreuses ONG de défense des droits humains, la majorité conservatrice au pouvoir — composée du parti Nouvelle Démocratie, du parti nationaliste Niki et de députés indépendants d'extrême droite — a voté en faveur du texte, à l'issue d'un débat houleux entamé mardi. À l'inverse, l'ensemble des partis de gauche s'y sont opposés. Le parti socialiste Pasok a qualifié la loi d'« illégale », « chaotique » et « inapplicable », tandis que le Parti communiste l'a dénoncée comme « raciste » et « honteuse ». Criminalisation du séjour irrégulier La loi stipule que les demandeurs d'asile dont la demande a été rejetée devront quitter le territoire, soit volontairement, soit par renvoi forcé. L'immigration irrégulière est désormais considérée comme un crime, puni de deux à cinq ans de prison. Les ressortissants de pays tiers visés par une décision d'expulsion seront placés en centres de rétention jusqu'à leur départ. Les étrangers déjà expulsés qui reviendraient clandestinement en Grèce s'exposent à une peine minimale de trois ans de prison. Le gouvernement revendique une ligne dure Le ministre de l'Immigration, Thanos Plevris, a défendu ce texte comme une mesure « dissuasive » en phase avec la politique de l'Union européenne encourageant les retours forcés. « La Grèce est le premier pays à adopter des dispositions aussi strictes et à criminaliser explicitement le séjour illégal », a-t-il affirmé. Ancien membre d'un parti d'extrême droite, le ministre a insisté sur le fait que « tout migrant en situation irrégulière sera placé en détention administrative et surveillé, et qu'il s'expose désormais à une sanction pénale ». Il a ajouté : « Il doit savoir qu'il ne verra jamais sa situation régularisée dans notre pays. » Un durcissement après l'afflux migratoire en Crète Ce durcissement intervient deux mois après la suspension, pour trois mois, des dépôts de demandes d'asile par les étrangers arrivant d'Afrique du Nord. Cette mesure, déjà contestée, avait été introduite en juillet dernier à la suite de l'arrivée de milliers de personnes sur l'île de Crète, l'une des destinations touristiques les plus prisées de Grèce. Avec ce texte, la Grèce s'aligne sur une politique migratoire de plus en plus restrictive en Europe, mais s'expose à de nouvelles critiques des défenseurs des droits humains, qui dénoncent une criminalisation des migrants et des atteintes aux conventions internationales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!