L'administration américaine a saisi mercredi la Cour suprême afin qu'elle statue rapidement sur la légalité d'une grande partie des droits de douane instaurés par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. Ces mesures commerciales, jugées illégales par une cour d'appel fédérale, sont au cœur de la stratégie économique du président américain, qui redoute de voir son offensive commerciale fragilisée. Dans sa requête en procédure accélérée, le conseiller juridique du gouvernement, John Sauer, demande à la Cour de se prononcer d'ici le 10 septembre sur l'opportunité d'examiner le dossier et, le cas échéant, de programmer des audiences avant le mois de novembre. Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a déclaré : « Nous avons besoin d'une décision rapide. Si vous enlevez les droits de douane, nous pourrions devenir un pays du tiers-monde ». Un bras de fer juridique La décision de la cour d'appel rendue vendredi dernier a estimé que le président n'avait pas le pouvoir d'instaurer de telles taxes, ce rôle revenant au Congrès. Selon le jugement, si la loi accorde au président des pouvoirs élargis en cas d'« urgence nationale », elle ne mentionne pas explicitement l'imposition de droits de douane. Malgré cette décision, les surtaxes restent en vigueur dans l'attente du verdict de la Cour suprême. La Maison-Blanche a dénoncé une décision « politique » et annoncé qu'elle ferait appel. Des surtaxes massives depuis janvier Depuis janvier, Donald Trump a imposé plusieurs vagues de droits de douane allant de 10 à 50 % sur les produits importés, en plus de ceux déjà existants sur certains secteurs comme l'acier, l'automobile, l'aluminium ou le cuivre. En mai, le tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) avait déjà jugé que le président avait outrepassé ses prérogatives après des plaintes déposées par plusieurs Etats démocrates et une coalition de petites entreprises. Trump a réaffirmé la semaine dernière que la levée de ces surtaxes serait « une catastrophe complète » et « détruirait le pays ». Un levier de pression sur les partenaires commerciaux Pour l'administration américaine, ces droits de douane constituent un outil majeur de pression dans les négociations commerciales. La menace de taxes punitives a incité plusieurs partenaires, dont l'Union européenne, à éviter les mesures de rétorsion et à ouvrir davantage leurs marchés aux exportations américaines. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a averti qu'une suspension des droits de douane placerait les Etats-Unis dans une « situation embarrassante et dangereuse » sur le plan diplomatique, affaiblissant l'image du pays et sa capacité de négociation. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!