Le 3 septembre 2025, la place Tian'anmen à Pékin a accueilli le plus grand défilé militaire de l'histoire moderne de la Chine. Des dizaines de milliers de soldats ont paradé devant plus de 50 000 spectateurs, dévoilant les systèmes d'armes les plus avancés de l'Armée populaire de libération. Officiellement organisé pour marquer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire chinoise sur le Japon, l'événement a surtout été interprété comme un message direct adressé à Washington : « vous n'êtes plus seuls dans l'univers ». Au-delà de la démonstration de force, Pékin a voulu donner une dimension diplomatique forte à son spectacle. La présence de dirigeants de pays d'Asie du Sud-Est comme le Vietnam, la Malaisie et l'Indonésie contraste avec l'absence remarquée des Philippines, alliées stratégiques des Etats-Unis. Plus marquant encore, Vladimir Poutine a pris place aux côtés de Xi Jinping, offrant à Moscou une scène de légitimité internationale, tandis que Pékin affichait la solidité de son partenariat stratégique avec la Russie. Réécriture de l'histoire et ambition mondiale Dans son discours, Xi Jinping a rappelé le rôle de la Chine dans la défaite du Japon, dénonçant la marginalisation de ce chapitre dans la narration occidentale de la guerre. Le dirigeant chinois a relié ce passé de nation « victime » à un présent de puissance ascendante et à un futur où Pékin aspire à remodeler l'ordre mondial. Sans s'attaquer frontalement à Tokyo, il a appelé à bâtir une « communauté Asie-Pacifique de destin partagé », insistant sur le rôle central de la Chine dans l'équilibre international. Moment fort du défilé : la présentation du « thalouth nucléaire ». Pékin a mis en avant sa capacité à lancer des frappes nucléaires depuis la terre, la mer et les airs. Parmi les armes dévoilées : * Le missile balistique intercontinental Dongfeng-61, mobile et capable d'emporter plusieurs têtes nucléaires. * Le missile Julang-3, lancé depuis sous-marin, conçu pour assurer une riposte même après une attaque surprise. * Le missile aéroporté Jingli-1, emporté par des bombardiers stratégiques, offrant une grande flexibilité opérationnelle. Avec ces capacités, la Chine rejoint le cercle restreint des grandes puissances nucléaires complètes. Des armes anti-navires pour défier les Etats-Unis Autre signal fort : l'apparition du missile balistique hypersonique Yingji-21, surnommé le « tueur de porte-avions ». Capable de voler à Mach 10 et d'atteindre une portée estimée à 1 500 km, il illustre la stratégie chinoise de neutralisation des groupes aéronavals américains dans le Pacifique. La Chine a aussi présenté de nouvelles armes de guerre électronique, des systèmes laser pour abattre les drones, et des sous-marins autonomes capables de poser des mines ou de collecter du renseignement à grande profondeur. Si le défilé a impressionné par l'ampleur et la modernité des équipements, des experts notent que nombre de ces armes n'ont pas encore été éprouvées en situation de combat réel. L'Armée populaire de libération reste marquée par une culture hiérarchique rigide et par un manque d'expérience opérationnelle depuis plusieurs décennies. Mais Pékin a montré sa volonté d'intégrer les leçons des guerres contemporaines, notamment en Ukraine, avec l'importance croissante des drones et des armes hybrides. Un défi direct à Washington Le message à l'adresse de Donald Trump et de l'Occident est clair : la Chine n'est plus une puissance régionale mais un acteur global, capable d'opposer une dissuasion nucléaire crédible et de remettre en cause la suprématie américaine dans le Pacifique. En combinant puissance militaire, récit historique et alliances stratégiques, Pékin s'affirme comme l'architecte d'un futur ordre mondial multipolaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!