Il y a ceux qui ont fini par ployer sous les coups de boutoir de la violence ordinaire du racisme, de la xénophobie et de l'islamophobie ; ils ont jugé plus sage de reprendre le chemin de leurs pays d'origine. Et ça fait des heureux : Marine Le Pen, Jordan Bardella mais surtout Eric Zemmour et sa compagne Sarah Knafo, les « amis » du président américain Donald Trump. Mais il y a ceux qui ont choisi de camper en France pour faire face, pour combattre les maladies de notre époque. Il n'est pas dit qu'ils triompheront, le bien n'est pas en train de l'emporter sur le mal qui ronge la société, bien au contraire. L'enquête réalisée par l'IFOP pour le compte de la Grande Mosquée de Paris a été dévoilée ce mardi 16 septembre par l'Observatoire des discriminations envers les musulmans de France. Elle est terrible, terrible pour les immigrés de première génération, deuxième ou troisième génération. Cette étude faite en deux étapes (en novembre 2023 puis entre août et septembre 2025, sur un échantillon national représentatif d'un millier de musulmans vivant en France) donne la mesure de l'impact des actes discriminatoires. On a appris que plus de 7 musulmans sur 10 (75%) ont expérimenté la haine contre leur communauté. 81% des sondés sont d'avis que la haine envers les musulmans a progressé dans l'Hexagone par rapport à il y a une dizaine d'années. Cette «musulmanophobie» – expression que les auteurs de l'étude préfèrent à celle d'islamophobie – a différentes manifestations, déclarent les citoyens interrogés. 64% des personnes pointent un rétrécissement des libertés religieuses, telles que le port du voile (même les ministres de l'Intérieur et de la Justice soufflent sur les braises) ou l'alimentation « halal ». Le taux monte à 81% chez les musulmanes voilées (contre 60% chez les non voilées). Par ailleurs 51% des personnes approchées craignent d'être agressées du fait de leur religion. Ici aussi les femmes arborant le voile devancent largement les autres : 66% contre 53%. Mais il y a aussi des dérives racistes plus diffuses, plus difficiles à cerner auprès des musulmans de France. 66% des sondés disent avoir déjà été lésés au moins une fois dans leur vie à cause de leur religion. C'est un chiffre 5 fois plus important que celui obtenu avec les croyants d'autres religions (15%). Rappelons qu'en 2023 plus d'un quart – 23% – des musulmans sondés avaient affirmé avoir été discriminés durant les 5 dernières années lors d'une recherche d'emploi, 18% lors d'une quête de logement, 17% en côtoyant un agent travaillant dans une administration telle que la mairie ou la préfecture et 17% lors d'une visite à l'hôpital ou chez le médecin. 16% des citoyens soulignent des dérapages de la part des policiers lors d'un contrôle. Le pire dans cette affaire c'est que les actes anti-musulmans, punis par la loi rappelons-le, ne sont pas systématiquement signalés aux autorités compétentes. 66% des musulmans de France sondés opteraient pour un dépôt de plainte auprès de la police en cas d'insulte, de menace ou d'agression à cause de l'obédience religieuse… 53% prendraient la direction d'une association qui combat le racisme et 36% le dénonceraient auprès de leur mosquée ou d'une association culturelle musulmane.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!