Le président américain Donald Trump a relancé ces derniers jours une offensive frontale contre le milliardaire George Soros, qu'il qualifie de « récidiviste du chaos » et de « principal financier de l'extrémisme aux Etats-Unis ». Trump0 a même promis d'utiliser tous les leviers juridiques pour le faire « jeter en prison ». Une déclaration qui suscite autant de soutien dans ses cercles conservateurs que d'indignation dans le camp démocrate et auprès des défenseurs des libertés publiques. L'ironie n'échappe à personne : il y a quelques années à peine, le président démocrate Joe Biden avait décoré George Soros de la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine, pour son engagement philanthropique. Aujourd'hui, Trump fait du même Soros son ennemi numéro un, symbole de ce qu'il décrit comme le « radicalisme de gauche ». Le catalyseur : l'affaire Charlie Kirk La mort du militant conservateur Charlie Kirk, tué récemment dans un contexte politique explosif, a servi de déclencheur. Trump accuse directement les « organisations financées par Soros » d'avoir contribué, directement ou indirectement, à cette tragédie. Trump promet des poursuites contre « tous ceux qui soutiennent ou financent les ennemis de l'Amérique ». Cette rhétorique s'inscrit dans une stratégie plus large : mobiliser la base républicaine autour d'un affrontement idéologique contre le « gauchisme radical ». Soros, un bailleur de fonds majeur du Parti démocrate Les chiffres confortent en partie les accusations de Trump. En 2022, Soros a injecté 128,5 millions de dollars dans les campagnes de candidats démocrates, selon des données officielles. En 2025, il a encore dépensé 2 millions de dollars pour soutenir une candidate progressiste à la Cour suprême du Wisconsin. Son réseau, la Fondation Open Society, finance de longue date des initiatives en faveur des droits humains, de la liberté de la presse et de la lutte contre la corruption. Pour Trump, ces financements se traduisent en réalité par un appui systématique aux causes « anti-conservatrices ». Trump affirme vouloir utiliser le RICO Act, une loi adoptée initialement pour combattre la mafia et les réseaux criminels organisés, afin de poursuivre Soros et ses fondations. L'ironie est là encore saisissante : ce même outil juridique avait été mobilisé par les procureurs contre Trump lui-même dans l'affaire de ses pressions électorales en Géorgie en 2020. Le chef républicain entend désormais retourner l'arme judiciaire contre ses opposants. Les réactions : indignation et inquiétude La Fondation Open Society, présidée aujourd'hui par Alex Soros, a fermement démenti financer des actions violentes. « Nous défendons les droits fondamentaux, dont la liberté d'expression et le droit à un rassemblement pacifique », a déclaré l'organisation. De son côté, Svante Myrick, dirigeant d'une ONG soutenue par Soros, a dénoncé une « dérive autoritaire » de Trump qui viserait à museler les médias, les universités et toutes les voix critiques. Plusieurs médias américains et organisations de défense des droits civiques y voient une tentative de criminaliser l'opposition politique. Une menace pour l'équilibre démocratique ? L'analyste russe Guevorg Mirzayan, auteur d'un article remarqué dans le quotidien Vzglïad, estime que cette croisade anti-Soros illustre la volonté de Trump de polariser le débat américain autour de la lutte contre « l'ennemi intérieur ». Pour lui, au-delà des attaques personnelles, le risque est de saper davantage un système politique déjà fracturé, où l'opposition entre démocrates et républicains se radicalise. Trump, lui, persiste : « Les radicaux de gauche empêchent l'Amérique de guérir. » Cette logique de confrontation pourrait encore marquer la campagne présidentielle à venir, avec un climat politique de plus en plus tendu. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!