Un juge fédéral de Louisiane a ordonné l'expulsion de Mahmoud Khalil, étudiant pro-palestinien et résident permanent aux Etats-Unis, vers l'Algérie ou, à défaut, vers la Syrie. La décision, rendue publique mercredi, suscite une vive controverse dans un contexte de tensions croissantes autour de la liberté d'expression sur les campus américains. Un militant devenu symbole Né en Syrie de parents palestiniens, Mahmoud Khalil est titulaire d'une carte de résident permanent. Arrêté le 8 mars à New York par les services fédéraux de l'immigration (ICE), il avait été libéré le 21 juin, mais restait sous le coup d'une procédure judiciaire. Le juge Jamee Comans a tranché : son expulsion doit être exécutée en raison d'une « irrégularité dans sa demande de titre de séjour ». Pourtant, son cas dépasse la simple question administrative. Khalil est devenu l'un des leaders du mouvement de contestation pro-palestinienne sur le campus de l'université Columbia. Ses prises de parole et ses mobilisations contre la guerre à Gaza lui ont valu une mise en accusation politique, l'administration américaine l'accusant d'être un « soutien du Hamas ». Une qualification contestée par ses avocats et par plusieurs organisations de défense des droits civiques, qui y voient une tentative de criminaliser l'engagement militant. Une décision à forte portée politique L'affaire Khalil illustre une stratégie plus large : réprimer les voix dissidentes jugées trop critiques envers la politique américaine et israélienne. De nombreux observateurs estiment que ce dossier s'inscrit dans la volonté affichée de Donald Trump de museler le mouvement pro-palestinien sur les campus universitaires, particulièrement influents dans le débat public américain. Malgré son statut de résident permanent, Khalil se retrouve traité comme un étranger indésirable, au risque d'être envoyé dans un pays où il n'a ni attaches solides, ni garanties de sécurité. Ce traitement, considéré comme disproportionné, soulève des interrogations sur le respect des droits fondamentaux et l'équité des procédures d'immigration. Au-delà du cas individuel, cette décision envoie un signal inquiétant : les campus, historiquement des espaces de débat et de contestation, pourraient voir leur liberté d'expression se restreindre au nom de considérations politiques. De nombreuses associations étudiantes dénoncent un « précédent dangereux », qui fragilise la possibilité pour les étudiants de critiquer les choix diplomatiques américains sans craindre des représailles judiciaires. contester la ligne officielle peut coûter cher Le cas Mahmoud Khalil montre la fragilité du rêve américain pour ceux qui, même intégrés et en possession de droits légaux, se retrouvent exposés à des mesures d'exception dès lors qu'ils remettent en cause l'ordre établi. Son expulsion apparaît comme un message dissuasif adressé à toute une génération de jeunes militants : contester la ligne officielle peut coûter cher. En défendant Mahmoud Khalil, il ne s'agit pas seulement de sauver un étudiant ; il s'agit de rappeler que la liberté d'opinion et la justice équitable sont des valeurs que les Etats-Unis revendiquent, mais qu'ils risquent aujourd'hui de trahir. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!