Le diplomate tunisien à la retraite Abdallah Abidi a vivement critiqué, ce mardi 30 septembre 2025, le plan de paix annoncé par le président américain Donald Trump concernant la guerre à Gaza. Dans une déclaration à Tunisie Numérique, il a souligné que l'aspect le plus frappant de cette initiative réside dans l'absence totale de rôle pour les pays arabes et islamiques. Selon lui, le plan permet à Israël de réaliser par la diplomatie ce qu'il n'a pas obtenu par la guerre. Abidi a également noté l'absence de toute mention de la création d'un Etat palestinien, estimant que Trump a indirectement promis à l'opinion publique israélienne qu'un tel Etat n'existera pas. Trump et Blair à la tête d'un « Conseil de paix » Abidi a détaillé certaines dispositions de l'accord, parmi lesquelles la présidence par Donald Trump d'un futur Conseil de paix, assisté par l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qu'il a rappelé avoir été responsable dans le passé de la destruction de l'Irak. Il a ajouté que le plan prévoit le désarmement du mouvement de résistance Hamas et la libération d'otages, sans pour autant évoquer clairement le sort des prisonniers palestiniens, alors qu'Israël en détient des centaines en prévision d'éventuels échanges. « Une transaction honteuse pour les Arabes » L'ancien diplomate a dénoncé une « transaction honteuse » pour les Arabes et les musulmans, en raison notamment de l'exclusion de Hamas et du projet de son désarmement. Il a rappelé les propos antérieurs du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, affirmant que l'Autorité palestinienne n'aurait aucun rôle dans la gestion de Gaza, ainsi que les déclarations du ministre israélien des Finances confirmant le lancement de projets de vente et de commercialisation de terres à Gaza avec des partenaires américains. Abidi a par ailleurs jugé paradoxal qu'un tel plan surgisse après la tenue d'un sommet arabo-islamique représentant quelque 2,4 milliards de personnes, et alors même qu'un rapprochement entre le Qatar et Israël venait d'être scellé. Appel à un soutien arabe à la résistance L'ancien diplomate a insisté sur le fait que Hamas a besoin d'un appui arabe et palestinien, rappelant ses accusations de « complicité » de Mahmoud Abbas avec Israël. Selon lui, Trump a clairement menacé de soutenir militairement Israël pour achever sa mission si le mouvement refusait de rendre ses armes. Concernant la disposition du plan visant à mettre fin au déplacement forcé des Palestiniens, Abidi a rétorqué qu'« il suffit de suivre les rapports médiatiques pour constater que les Palestiniens sont encore déplacés, bombardés et tués ». Une guerre qui dure depuis deux ans Enfin, il a rappelé que la guerre de Gaza dure depuis deux ans. Les Etats-Unis avaient demandé à Israël de « mettre fin à Hamas » avant que l'opinion publique ne s'enflamme, mais la résistance a tenu plus longtemps que prévu. Des experts en renseignement et des officiers israéliens estiment d'ailleurs que le mouvement conserve des capacités militaires suffisantes pour continuer à user l'armée israélienne, voire provoquer son effondrement, ce qui expliquerait, selon Abidi, l'intérêt marqué de Trump pour ce dossier. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!