C'est un scandale tout aussi retentissant que la visite en France du bourreau des Palestiniens, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (qui aurait déjà commencé à spéculer sur les terres gazaouies vidées par Tsahal). Le spectacle du concert du groupe de metal américain Disturbed, programmé le 12 octobre prochain au Zénith de Paris, fait beaucoup jaser… Insoutenable, impardonnable, inoubliable Ce concert indigne et choque parce que le chanteur du groupe, David Draiman, est un soutien de Benjamin Netanyahu et des horreurs qu'il commet dans la bande de Gaza depuis 2 ans. « La culture ne peut être complice de l'apologie du génocide« , a asséné le sénateur communiste de Paris Ian Brossat. Il exige la déprogrammation du spectacle. Très mobilisé, l'élu a signé un premier communiqué avant d'envoyer des courriers au préfet de police ainsi qu'à la direction de la salle de concert. On verra si les autorités seront aussi promptes et implacables que lors des manifestations du 18 septembre. En attendant la polémique enfle depuis les révélations de Médiapart dimanche dernier. De nombreux élus de gauche réclament l'annulation de ce spectacle. Pour Brossat, « il semble inconcevable que le Zénith, salle parisienne emblématique, puisse offrir une tribune à des artistes dont les actes et les propos les placent dans la complicité de crimes de guerre et de génocide, et qui alimentent par ailleurs des discours de haine« . Tout est parti d'une publication de David Draiman en juin 2024, l'artiste – si on peut l'appeler ainsi – s'est pris en photo dans une base militaire israélienne, avec des soldats. Sur ces clichés, postés par le chanteur, on le voit dédicacer un obus réservé à Gaza. « Cet obus était destiné au Hamas. Toutes les vies innocentes perdues dans ce conflit sont dues au fait que le Hamas utilise son propre peuple comme chair à canon pour gagner la sympathie de ceux qui ne demandent qu'à sauter dans le train de la haine des juifs« , avait alors argué Draiman. Paris « ne peut pas être associée à la promotion du génocide« , a pesté Ian Brossat dans son communiqué. « De tels messages n'ont pas leur place à Paris« , a embrayé sur X le député socialiste Emmanuel Grégoire, en fustigeant une programmation « immonde« . L'élu de la France insoumise Thomas Portes, dont on connait l'intransigeance sur cette question, a confié avoir saisi le préfet de police de Paris pour obtenir l'interdiction de ce concert à cause du chanteur de Disturbed, qui « pose aux côtés de Tsahal et dédicace un obus qui va ensuite assassiner des civils palestiniens« . Approchée par Médiapart, la mairie du 19e arrondissement de Paris, où est logé le Zénith, a indiqué qu'elle n'a pas les moyens juridiques de barrer la route à des artistes tout en alertant contre le « risque de trouble à l'ordre public » drainé par cette manifestation… Quant au Zénith de Paris, il a émis communiqué hier lundi 30 septembre pour dire qu'il n'a « aucune marge de manœuvre pour 'autoriser' ou 'interdire' la présentation d'un spectacle, dès lors que le producteur répond aux exigences juridiques posées dans les Conditions Générales de Location« . Le texte ajoute qu'il revient à la préfecture ou à la justice de décréter une interdiction, « et non à l'exploitant de la salle« . Dans ces conditions générales le Zénith mentionne que les artistes s'engagent à ne pas « exprimer des idées discriminatoires, racistes ou xénophobes, inciter à la violence et d'une manière générale ne pas provoquer de troubles à l'ordre public« . Pourtant c'est bien ces pensées funestes qu'a instillées le groupe de metal américain… Le gérant de la salle parisienne s'est borné à dire qu'il a « immédiatement demandé un engagement formel » au groupe Disturbed après avoir été « informé des déclarations publiques de David Draiman« . On en restera là, mais pas les militants pro-palestiniens qui attendent Draiman de pied ferme ce 12 octobre. Ils feront un sacré boucan, à moins que les autorités régionales reculent et annulent in fine le concert. Ils ont peur de troubler les rêves de Trump Ce qui est certain c'est que cette affaire fait tache après tout ce que le président Emmanuel Macron a fait pour briller sur le dossier palestinien. Jusqu'ici le palais de l'Elysée ne pipe pas mot sur la venue du sulfureux groupe américain. Macron avait fait plus de bruit quand il s'est agi de fermer à Israël les portes du plus grand salon européen de l'armement. Cette fois Paris se garde de provoquer le courroux de Washington, lui qui accuse la France de brimer la liberté d'expression. Le chef de l'Etat français a tressé des lauriers – un peu trop vite d'ailleurs – à son homologue Donald Trump suite à la présentation de son plan pour pacifier Gaza. Tout le monde, des pays du Golfe aux pays occidentaux, a vite enterré les dizaines de milliers de morts signés par Tsahal, tout le monde fait mine d'oublier les 6 vetos dégainés par les USA à l'ONU pour bloquer tout cessez-le-feu, toute pause dans les tueries… Et maintenant tout ressort comme par enchantement dans « le Plan de Paix » de Trump. Macron s'est certainement dit que ce n'est pas le moment de troubler les rêveries du républicain – il rêve debout ! – sur le Prix Nobel de la Paix en évoquant le chanteur de Disturbed. Mais Paris ne pourra pas faire l'économie d'une prise de position à mesure qu'approche le concert. L'Elysée devra assumer publiquement.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!