Il clame son statut d'apôtre de la paix, entre les juifs et les musulmans ; il se lamente depuis des années sur le fait que les autorités algériennes ne le laisse pas fouler le sol de son pays natal. Mais avec les propos qu'il vient de signer, publiquement, il n'est pas près de rentrer dans les bonnes grâces d'Alger. Le chanteur français Enrico Macias a sacrément chargé sa barque… Il n'y a pas que le microcosme politique qui s'agite à quelques jours de la reconnaissance officielle par la France de l'Etat de Palestine, le milieu artistique aussi. Macias s'en est pris à l'artisan de cette grande affaire, le chef de l'Etat français. « De quoi il se mêle Emmanuel Macron d'un coup de reconnaître un Etat qui n'existe pas encore ? C'est pas lui qui va discuter », a asséné le chanteur hier lundi 15 septembre sur RTL. Rappelons que l'artiste, qui a le vu le jour dans une famille juive arabe de Constantine, est un soutien notoire d'Israël, même après les crimes massifs et aveugles à Gaza au nom de la vendetta suite à l'attaque du 7 octobre 2023. Macias en a remis une bonne louche hier en martelant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « se défend contre les Palestiniens, c'est tout », le même argumentaire servi par la cheffe de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen. C'est pour vous dire. Le chanteur ne s'est pas arrêté là, il a déclaré : « la paix ne peut exister qu'entre Israël et les Palestiniens (…). Les Palestiniens ont eu 1000 fois l'occasion de faire la paix avec Israël (…). Ils n'ont jamais voulu. Les Palestiniens ne veulent pas faire la paix ». Son concert à Istanbul avait été annulé pour assurer sa sécurité et pour éviter des troubles à l'ordre public après les appels à manifester. Les autorités locales avaient expliqué dans un communiqué qu'elles voulaient éviter toute protestation « contre le génocide (de) l'Etat terroriste Israël à Gaza et ses partisans« , même si elles soutiennent la démarche. Mais après ce que vient de dire Macias il peut faire une croix sur la Turquie. L'artiste lui éructe et fustige « une entrave à la liberté du travail (…). Ils ont trouvé comme prétexte de ne pas m'autoriser à faire le concert parce qu'il y a des problèmes entre la Turquie et Israël« , en rappelant qu'il « chante en Turquie depuis plus de 60 ans » sans grabuge. Certes, mais ça c'était avant que Macias se radicalise en soutenant le gouvernement le plus extrémiste et le plus sanguinaire de toute l'histoire de l'Etat hébreu, même plus que l'équipe d'Ariel Sharon. Que fait le chanteur des 64 522 morts à Gaza, des civils, d'après le recensement du ministère de la Santé du Hamas dont les chiffres sont validés par l'ONU ? Que dit-il du fait que l'armée israélienne soit revenue pour martyriser Gaza-Ville, après 3 ans de guerre, de famine, de destruction des habitats, des structures de santé, des circuits de distribution d'eau, etc. ? Netanyahu et son ministre de la Défense Israël Katz ont dit, à la face du monde, que rien ne les empêchera de frapper dans la durée la bande de Gaza. Ils ont tenu ces propos devant le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, qui est venu hier à Tel-Aviv pour réaffirmer le « soutien indéfectible » et inconditionnel des USA. Rubio a dit ça après les commisérations du président Donald Trump sur le fait qu'il ne cautionne pas l'attaque au Qatar et qu'il a été informé par Netanyahu à la toute dernière minute. Evidemment c'est archi-faux. C'est ça Israël : un banditisme d'Etat, soutenu par l'homme le plus puissant de la planète – Trump – qui lui aussi piétine la Justice et la Constitution de son pays. C'est tout ça que défend Macias et qu'il ne vienne surtout pas nous dire qu'il ne savait pas…
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