Lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi 3 octobre, les avocats de 35 ressortissants français arrêtés à bord de la flottille internationale d'aide pour Gaza ont annoncé leur intention de porter plainte pour « détention arbitraire ». Ils reprochent également aux autorités consulaires françaises de ne pas leur donner de nouvelles concernant leurs clients. « Nous sommes sans aucune nouvelle, ni aucun lien avec ces 35 ressortissants », a déclaré Me Anouck Michelin, qui défend les Français aux côtés de Me Raphaël Kempf, Me Romain Ruiz et Me Chirinne Ardakani. Selon Me Ardakani, les membres de la flottille « avaient un objectif parfaitement licite, légal et pacifique d'acheminer des vivres et médicaments à la population gazaouie dans un contexte génocidaire ». La position du Quai d'Orsay En réaction, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a affirmé que « la protection consulaire a commencé dès cette nuit, ce matin (vendredi), avec les premières visites opérées par le Consul général et par l'ambassadeur de France auprès de nos ressortissants ». Il a précisé que les autorités françaises étaient « en contact avec 36 ressortissants et leurs familles », confirmant que les personnes arrêtées avaient été transférées dans la prison de Ktziot après avoir été interceptées au port d'Ashdod. Selon le Quai d'Orsay, la priorité reste d'assurer un lien direct avec les détenus et leurs proches, ce qui explique l'absence de communication avec les avocats. Une plainte pour détournement de navire et détention arbitraire Les avocats prévoient de porter plainte non seulement pour « détention arbitraire », mais aussi pour « détournement de navire ». Me Kempf a souligné que « ces Français sont détenus aujourd'hui en Israël alors même qu'Israël n'a aucun titre permettant de les priver de liberté ». De plus, les avocats demandent à la France de se joindre à la procédure initiée fin décembre 2023 par l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ) sur la situation à Gaza. En janvier 2024, la CIJ avait appelé Israël à prévenir tout acte pouvant relever du « génocide », évoquant un « risque réel et imminent » de « préjudice irréparable » pour les Palestiniens. Israël rejette fermement ces accusations. Selon Me Romain Ruiz, en ne portant pas secours aux Français de la flottille, la France « manque à ses obligations internationales » et « se rend complice des violations des droits de l'homme » par Israël. Une flottille interceptée par la Marine israélienne La flottille « Global Sumud », composée de 45 bateaux partis d'Espagne en septembre, avait pour objectif de briser le blocus imposé à Gaza. Elle comptait à son bord des militants, des personnalités politiques ainsi que des humanitaires. Mercredi soir, la Marine israélienne a commencé à intercepter les navires, affirmant qu'ils pénétraient dans des eaux sous son contrôle. L'opération, qui a duré environ douze heures, a abouti à l'arrestation de plus de 400 militants présents sur 41 bateaux, a indiqué un responsable israélien. À Copenhague, le président Emmanuel Macron avait appelé jeudi Israël à « respecter le droit international » et à assurer la protection des ressortissants français embarqués dans la flottille. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!