Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie a mené l'une de ses plus vastes offensives aériennes de la guerre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, visant en priorité des sites gaziers de Naftogaz dans les régions de Kharkiv et Poltava. Selon des responsables ukrainiens, 381 drones et 35 missiles ont été lancés, causant des dégâts critiques à des installations d'extraction et de traitement du gaz et faisant des victimes civiles. D'autres bilans évoquent 60 drones et 35 missiles, signe d'un comptage encore en cours et de méthodologies différentes selon les sources. L'entreprise publique Naftogaz a dénoncé des frappes « sans objectif militaire », assimilées à une stratégie visant à priver les Ukrainiens de chauffage à l'approche de l'hiver. Les autorités locales ont fait état de blessés, dont un enfant de 8 ans, ainsi que de destructions collatérales sur des bâtiments civils et un édifice religieux. Les équipes de secours et de maintenance ont été déployées dès l'aube pour réparer les lignes et sécuriser les sites touchés. Ce bombardement s'inscrit dans la campagne énergétique engagée par Moscou depuis 2022 pour affaiblir la capacité de production et de distribution d'électricité et de gaz de l'Ukraine. Les frappes sur les actifs gaziers — réservoirs, stations de compression, unités de traitement — visent à érosionner la résilience civile et à alourdir le coût économique de la défense ukrainienne à l'orée de la saison froide. En miroir, Kyiv a poursuivi sa guerre de profondeur contre les ressources énergétiques russes, revendiquant ces dernières semaines des frappes de drones sur des raffineries et complexes pétrochimiques situés loin derrière la ligne de front. Ces actions, destinées à perturber l'approvisionnement en carburants de l'armée russe, ont à plusieurs reprises forcé l'arrêt temporaire de sites industriels sensibles. Sur le plan diplomatique, le Kremlin a haussé le ton. Vladimir Poutine a averti qu'une livraison par Washington de missiles de croisière Tomahawk à l'Ukraine constituerait une « nouvelle étape d'escalade », avec des répercussions potentielles sur la relation Russie–Etats-Unis et sur la sécurité européenne. Des responsables américains jugent toutefois ce transfert improbable à court terme, d'autres options étant étudiées avec les alliés européens. Cette séquence — frappes massives sur le gaz ukrainien, raids de drones contre l'industrie énergétique russe et rhétorique d'escalade autour des Tomahawk — confirme que l'énergie demeure un théâtre central de la confrontation, autant militaire que psychologique. À court terme, l'enjeu pour Kyiv sera de restaurer la capacité de Naftogaz et de protéger son réseau avant les premiers froids ; pour Moscou, de maintenir la pression stratégique tout en gérant l'onde de choc de représailles à longue portée sur son propre secteur énergétique. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!