Les Etats-Unis entament leur troisième jour de shutdown, faute d'accord budgétaire au Congrès. Concrètement, une partie de l'administration fédérale est privée de crédits, ce qui impose la mise en congé sans solde (furlough) de centaines de milliers d'agents, l'arrêt de publications de données officielles et des retards dans plusieurs services aux citoyens. Des votes concurrents au Sénat ont échoué vendredi, ce qui repousse toute issue au moins au début de semaine prochaine. Le shutdown, c'est l'interruption partielle des activités fédérales lorsque le Congrès n'adopte pas à temps les lois de finances. Les agences activent alors des plans de continuité : personnels « essentiels » maintenus (sécurité, contrôle aérien, armée), autres agents mis à pied temporaire, contrats et paiements non urgents différés. Selon des estimations communiquées au démarrage de la crise, environ 750 000 employés peuvent être furloughés chaque jour, pour un coût d'environ 400 millions de dollars en salaires différés par jour. La Sécurité sociale (pensions), Medicare/Medicaid et la Poste (USPS) continuent, mais avec des délais possibles aux guichets et centres d'appel. L'impact se voit aussi sur l'information économique : le Bureau of Labor Statistics (BLS) n'a pas publié le rapport sur l'emploi, privant marchés et décideurs d'un indicateur clé. Des anciens directeurs du BLS dénoncent un pays qui « vole à l'aveugle » tant que les séries officielles (emploi, inflation) sont gelées. Au plan macroéconomique, plusieurs estimations situent le coût d'un shutdown à 0,1 à 0,2 point de PIB par semaine selon sa durée, avec un rattrapage partiel une fois l'accord trouvé. Les effets les plus visibles sont temporaires si l'interruption ne s'éternise pas, mais l'incertitude pèse sur l'investissement privé et sur les ménages concernés par les retards de paie. Côté négociations, l'impasse perdure : au Sénat, ni le texte républicain ni l'alternative démocrate n'ont atteint le seuil des 60 voix. La Maison-Blanche maintient la pression, et l'exécutif a déjà gelé des fonds ciblant certains programmes locaux, un levier qui tend davantage le climat politique. Prochain créneau d'essai législatif : lundi, sauf revirement de dernière minute. Des risques sectoriels apparaissent si la paralysie se prolonge : au département de l'Energie, la tutelle du complexe nucléaire (NNSA) prévient d'une baisse critique de financement d'ici huit jours, qui forcerait des coupes d'effectifs et des procédures d'urgence pour la sûreté des installations sensibles. Ainsi, les services essentiels fonctionnent mais sous tension, une partie des agents non essentiels est à l'arrêt, les statistiques fédérales sont suspendues et le Congrès ne parvient pas — pour l'instant — à s'accorder sur un texte d'ouverture. La fenêtre de sortie dépendra d'un compromis sur le niveau et le périmètre des crédits, alors que chaque jour supplémentaire accroît le coût économique et l'incertitude. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!