L'acceptation de principe du mouvement de résistance Hams et l'appel de Donald Trump à arrêter immédiatement les bombardements ont agi comme un électrochoc à Jérusalem. En Israël, le pouvoir dit se préparer à la première phase du plan — l'échange généralisé des otages contre des prisonniers —, tandis que la société et la classe politique se fracturent. Au cœur de la polémique : faut-il saisir l'occasion d'un accord, ou refuser un cessez-le-feu perçu comme un répit offert au Hams alors que la force d'occupation isralienne poursuit ses opérations à Gaza au nom de la « sécurité » ? Le camp du refus : « Un cessez-le-feu qui consolide le Hams » C'est la musique la plus forte du moment. Au sein de la coalition, les voix issues de l'ultra-droite — ministres, députés et figures des colonies — fustigent un texte jugé « dangereux ». Leurs arguments : * Sécurité immédiate : un arrêt des frappes « retirerait la pression » sur le Hams et lui permettrait de se réorganiser. * Dissuasion stratégique : accepter une trêve sans démantèlement complet de l'appareil militaire du Hams serait lu comme un aveu de faiblesse, avec un coût régional (Liban-Sud, Cisjordanie). * Gouvernance de Gaza : l'idée d'une administration technocratique appuyée par des parrains internationaux est dénoncée comme un « protectorat » hors de contrôle d'Israël, qui risquerait de voir revenir — sous d'autres habits — l'influence du Hams. * Calendrier et garanties : les opposants refusent tout calendrier contraignant de retrait et jugent « insuffisantes » les garanties sur le désarmement effectif. Autour de ces responsables, des maires de colonies et des associations proches des implantations organisent la mobilisation : conférences de presse, tribunes, et appels à ne « pas troquer la sécurité des frontières contre des promesses ». Dans ce camp, la priorité affichée reste l'écrasement militaire du Hams, et l'échange d'otages ne doit intervenir qu'aux conditions d'Israël, sans cesser le feu « tant que la mission n'est pas achevée ». Le bureau du Premier ministre martèle qu'Israël se tient prêt à mettre en œuvre immédiatement l'étape 1 : libération de tous les otages contre des prisonniers palestiniens, sous supervision. Mais, dans le même temps, l'état-major maintient une posture opérationnelle à Gaza et autour, refusant de s'enfermer dans l'injonction publique de Trump d'arrêter toutes les frappes. La doctrine officieuse tient en une équation : avancer sur les otages, sans abandonner l'outil militaire qui, selon Tsahal, garantit la « capacité de négociation ». Le camp du « oui sous conditions » : sauver les otages, arrêter l'hémorragie Au centre et dans l'opposition, une autre musique s'impose : saisir la fenêtre. Des responsables politiques, d'anciens chefs sécuritaires et une partie du patronat jugent que l'intérêt national commande de ramener les captifs maintenant, de réduire le coût humain, et de réparer l'isolement international d'Israël, mis en cause par l'ampleur des destructions et les accusations de génocide à Gaza. L'argument clé : un accord n'interdit pas de poursuivre une stratégie de confinement et de démilitarisation du Hams « par d'autres moyens », mais il sauve des vies tout de suite. Le Forum des familles d'otages maintient une pression constante. Pour elles, l'annonce du Hams et l'appel de Trump créent une chance réelle : elles réclament des pourparlers immédiats, efficaces, détaillés, et refusent que des calculs politiciens bloquent l'échange. Le mouvement a gagné la rue et une partie de l'opinion, rappelant que le temps est l'ennemi : plus l'échéance recule, plus les risques pour les captifs augmentent. Dans les rues de Tel-Aviv, de Jérusalem ou de Haïfa, se croisent deux cortèges : ceux qui veulent le deal maintenant, et ceux qui exigent la poursuite de la guerre jusqu'à la « victoire totale ». Cette polarisation menace l'équilibre de la coalition, tiraillée entre la realpolitik d'un compromis — pour répondre à la pression américaine et européenne — et la ligne dure qui refuse tout arrêt des opérations tant que le Hams n'est pas neutralisé à 100 %. Et maintenant ? L'administration américaine pousse à concrétiser rapidement la première étape (otages/prisonniers) et à stabiliser un cessez-le-feu. Mais tant que la force d'occupation isralienne continue de frapper ponctuellement à Gaza et que les antagonismes internes restent vifs, la traduction du texte en mécanique opérationnelle — séquences, garanties, surveillance, redéploiements — demeure incertaine. La question est simple : Israël acceptera-t-il de lier la libération des otages à une désescalade réelle, ou l'emportera la logique du « feu d'abord » ? Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!