Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou doit comparaître mercredi devant le tribunal de Jérusalem dans le cadre de ses procès pour corruption, a rapporté la chaîne israélienne Channel 12. Cette audience intervient un jour après l'appel du président américain Donald Trump demandant à son homologue israélien Isaac Herzog d'accorder la grâce au dirigeant conservateur. Trois affaires toujours en cours Netanyahou, au pouvoir depuis plus de quinze ans cumulés, fait face à trois dossiers judiciaires distincts. Dans la plus médiatisée — connue sous le nom de « dossier des cadeaux » — le Premier ministre et son épouse Sarah Netanyahou sont accusés d'avoir reçu pour plus de 260 000 dollars de cadeaux de luxe, dont cigares, bijoux et bouteilles de champagne, de la part de riches hommes d'affaires en échange de faveurs politiques et réglementaires. Deux autres affaires portent sur des tentatives présumées de manipuler la couverture médiatique à son avantage. Selon l'accusation, Netanyahou aurait cherché à obtenir un traitement favorable de la part de deux médias israéliens influents en échange d'interventions législatives ou économiques favorables à leurs propriétaires. Le chef du gouvernement nie toutes les accusations, qualifiant les poursuites de « chasse aux sorcières politique » orchestrée, selon lui, par ses adversaires et certains médias. L'appel de Trump à un geste de clémence Depuis Jérusalem, Donald Trump a exhorté lundi le président israélien à accorder un pardon à Netanyahou, estimant que « son allié historique mérite une seconde chance ». L'ancien président américain, qui a longtemps entretenu des relations étroites avec le Premier ministre, a salué ses efforts pour la sécurité d'Israël et son rôle clé dans les accords d'Abraham signés sous son administration. Cet appel intervient alors que Netanyahou, affaibli politiquement par la guerre à Gaza et la pression intérieure, tente de consolider sa position dans un climat national divisé. Des réformes judiciaires controversées Depuis son retour au pouvoir fin 2022, Netanyahou a présenté une vaste réforme du système judiciaire, dénoncée par l'opposition comme une attaque contre l'Etat de droit. Le projet, qui visait à réduire les pouvoirs de la Cour suprême, a déclenché des mois de manifestations massives à travers Israël avant d'être gelé à la suite du déclenchement de la guerre dans la bande de Gaza. Les critiques estiment que ces réformes auraient pu limiter l'indépendance du pouvoir judiciaire et influer indirectement sur les procédures en cours contre lui. Une situation politique fragilisée Alors que les hostilités à Gaza continuent de peser sur le gouvernement, cette nouvelle comparution judiciaire ravive les divisions internes en Israël. Les partisans de Netanyahou dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, tandis que ses détracteurs y voient un test crucial pour la démocratie israélienne. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!