De Gaza à Washington, en passant par Tokyo et l'Afrique, la planète reste suspendue entre espoir diplomatique et incertitude économique. Le cessez-le-feu à Gaza se consolide difficilement, le FMI tire la sonnette d'alarme sur la fragilité des marchés, l'or atteint un record historique et le pétrole fléchit face à la crainte d'un excédent d'offre. Voici l'essentiel des douze dernières heures dans le monde. Monde Gaza : trêve sous haute tension À Gaza, le fragile cessez-le-feu négocié sous l'égide de Washington et du Caire reste précaire. Le Hamas a remis plusieurs dépouilles d'otages, mais l'armée israélienne a déclaré qu'au moins l'une d'entre elles ne correspondait pas à un prisonnier recensé. Un couac qui alimente la méfiance mutuelle et complique la transition vers la deuxième phase de l'accord, censée inclure un échange de prisonniers et la reprise totale des opérations humanitaires. Les négociateurs égyptiens appellent à ne pas rompre la dynamique : Le Caire parle d'une « dernière chance » pour enclencher un véritable processus de paix régional. La France et la Jordanie préparent une conférence internationale sur la reconstruction, tandis que les agences humanitaires pressent Israël de rouvrir complètement les points d'accès pour l'aide médicale et alimentaire. Proche-Orient : la diplomatie s'active Le président américain Donald Trump a salué la « nouvelle ère » ouverte par l'accord, affirmant que le Proche-Orient « peut enfin entrevoir une paix durable ». Mais la réalité sur le terrain reste tendue : des frictions persistent au nord de Gaza, et plusieurs groupes armés refusent pour l'instant d'adhérer au cessez-le-feu. À Ramallah, l'Autorité palestinienne prépare un comité de gouvernance transitoire en vue de la réouverture des institutions civiles dans l'enclave. Afrique et Asie : tensions et catastrophes Au Bangladesh, un incendie industriel a fait plusieurs dizaines de victimes, les premières enquêtes évoquant une porte verrouillée et des gaz toxiques. En Afghanistan, de nouveaux affrontements frontaliers avec le Pakistan ont fait plus de douze morts civils selon Kaboul. En Grèce, une deuxième grève générale en un mois a paralysé les transports et les services publics, les syndicats s'opposant à la réforme du travail portée par le gouvernement Mitsotakis. Au Japon, les observateurs économiques soulignent une incertitude politique grandissante : la perspective d'un remaniement ministériel et la possibilité d'élections anticipées fragilisent les marchés, déjà perturbés par les débats sur la normalisation monétaire de la Banque du Japon. Economie & Marchés FMI : « Une correction désordonnée n'est pas à exclure » Dans son dernier rapport intermédiaire, le Fonds monétaire international avertit que la combinaison de taux élevés, d'endettement public record et de valorisations excessives sur les marchés crée les conditions d'une « correction désordonnée ». Le FMI évoque notamment la vulnérabilité du crédit privé non régulé et des fonds spéculatifs fortement exposés à l'immobilier et à la dette des entreprises. L'institution appelle les gouvernements à reconstituer des marges budgétaires, tout en évitant les baisses d'impôts non financées et les dépenses électoralistes à court terme. Les banques centrales, quant à elles, restent prudentes. Si la Réserve fédérale américaine laisse entrevoir une première baisse de taux en début d'année prochaine, la BCE et la Banque d'Angleterre temporisent face à une inflation encore au-dessus de leurs cibles. Croissance mondiale : stabilité fragile Selon les nouvelles projections, la croissance mondiale devrait atteindre 3,2 % en 2025, puis ralentir à 3,1 % en 2026. Les pays avancés plafonneraient à 1,5 %, contre plus de 4 % pour les économies émergentes. Les Etats-Unis devraient ralentir légèrement, la Chine poursuivant sa transition vers un modèle plus domestique et moins dépendant de l'investissement public. Le FMI alerte aussi sur les effets du protectionnisme américain et des tensions commerciales entre Washington et Pékin, qui menacent les chaînes d'approvisionnement mondiales. L'or bat un record historique L'or s'est envolé à plus de 4 180 dollars l'once, un niveau jamais atteint. Cette flambée s'explique par la perspective d'une baisse des taux américains, un affaiblissement du dollar et une demande accrue d'actifs refuges en période d'incertitude géopolitique. L'argent profite également de ce mouvement, progressant de près de 4 % sur la journée. Le pétrole poursuit sa baisse À l'inverse, le pétrole reste orienté à la baisse. Le Brent s'échange autour de 62 dollars, et le WTI autour de 59 dollars, leur plus bas depuis cinq mois. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) anticipe un excédent d'offre en 2026, tandis que l'OPEP+ maintient ses coupes de production mais ne parvient plus à stabiliser les prix. Les marchés redoutent un ralentissement de la demande mondiale, en particulier en Europe et en Chine. Bourses : prudence en hausse Les principales places financières asiatiques et européennes ont ouvert en légère hausse, portées par les espoirs de baisse des taux. Les banques profitent de rendements plus stables, tandis que les exportateurs bénéficient d'un yen faible. En revanche, les secteurs de l'énergie et de la distribution restent pénalisés par la baisse du pétrole et la stagnation du pouvoir d'achat. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!