The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Un article signé Michel Deléan et publié par Mediapart met en lumière une vive polémique au sein du système carcéral français après la révélation des conditions privilégiées de détention accordées à l'ancien président Nicolas Sarkozy, incarcéré à la prison de la Santé dans le cadre de l'affaire du financement libyen illégal de sa campagne électorale. Selon le journaliste, Sarkozy bénéficie d'un traitement exceptionnel malgré ses déclarations répétées affirmant ne vouloir « aucun privilège ni traitement spécial ». Il est en effet placé sous la surveillance permanente de policiers armés appartenant au Service de la protection des personnalités (SDLP), une mesure inédite dans l'histoire de la Ve République. Premier chef d'Etat français à être incarcéré sous la Ve République – le seul précédent étant Philippe Pétain – Sarkozy a été placé en unité d'isolement, mais selon un dispositif inédit. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez justifie cette décision par les « menaces de sécurité » entourant l'ancien président et par sa « position particulière ». Un argument qui ne convainc ni les agents pénitentiaires ni les syndicats, lesquels dénoncent une violation flagrante du cadre légal et une « aberration sécuritaire ». L'un des responsables du centre pénitentiaire a déclaré à Mediapart : « La présence de policiers armés à l'intérieur d'un établissement pénitentiaire est contraire à tous les textes. C'est une première. C'est du grand n'importe quoi. » Une indignation syndicale et judiciaire Les syndicats pénitentiaires et plusieurs organisations de magistrats ont unanimement condamné cette situation, estimant qu'elle crée une inégalité devant la loi. Selon eux, la protection des détenus dits « sensibles » est déjà assurée par les procédures internes sans qu'il soit nécessaire d'impliquer la police. Les visites répétées de Carla Bruni, épouse de Sarkozy, ou encore du ministre Gérald Darmanin, ainsi que sa rencontre antérieure avec le président Emmanuel Macron, ont accentué les soupçons de pressions politiques sur la justice. La Syndicat de la magistrature a dénoncé ce qu'il considère comme une atteinte à l'indépendance judiciaire. Un contraste criant avec les conditions carcérales ordinaires Ce traitement de faveur contraste fortement avec la réalité du système carcéral français. À la prison de la Santé, le taux d'occupation atteint 190 %, et les conditions de détention sont régulièrement dénoncées par des organismes tels que l'Observatoire international des prisons (OIP) et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). La CGT de l'insertion et de la probation rappelle d'ailleurs que Nicolas Sarkozy est l'un des principaux artisans du durcissement de la politique pénale française durant ses mandats ministériels et présidentiel. « Le système pénal et carcéral qu'il a contribué à durcir s'effondre aujourd'hui sous sa propre rigidité », souligne le syndicat. L'article de Michel Deléan conclut en évoquant une justice à deux vitesses, symbole d'une « monarchie républicaine », où les privilèges de classe semblent primer sur le principe d'égalité devant la loi. Une remarque d'un proche de l'ancien président, Jean-Claude Darmon, résume, selon l'auteur, l'état d'esprit d'une certaine élite : « C'est un choc pour des gens comme nous. Nous ne sommes pas faits pour la prison, nous ne sommes pas des animaux. » Un propos jugé choquant et révélateur d'un fossé profond entre la justice de la République et la perception des puissants face à la sanction. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!