The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La scène se joue loin des caméras, dans l'ouest de Pékin. Du 20 au 23 octobre, environ 315 membres du Comité central du Parti communiste chinois se sont retrouvés à huis clos à l'hôtel Jingxi pour tracer la ligne du prochain cycle économique. Derrière ces portes, se décide l'ossature du 15e plan quinquennal 2026–2030, ce qui, pour la deuxième économie mondiale, équivaut à un GPS macroéconomique. Comprendre ce rituel, c'est comprendre la mécanique d'un Etat qui centralise, synchronise et exécute à une vitesse que peu de pays peuvent égaler. La fabrique d'une décision nationale Un plénum, en Chine, n'est ni un colloque ni un parlement. C'est la réunion des cadres les plus influents du Parti, qui débattent d'un brouillon déjà très travaillé par les commissions économiques et la NDRC, l'agence de planification. À l'issue, un communiqué fixe la doctrine et les priorités : autosuffisance technologique, stabilité financière, emploi, énergie, sécurité des chaînes d'approvisionnement. Les mots sont pesés, car ils deviennent des instructions. Une fois la « ligne » adoptée, elle descend par cascades : ministères, provinces, municipalités, entreprises publiques et banques de politique. Chacun reçoit des objectifs chiffrés et datés. Les gouverneurs provinciaux et les patrons de grands groupes sont évalués sur ces résultats. L'Etat contrôle les leviers clés — crédit bancaire, commandes publiques, foncier, réglementation — et peut donc accélérer un secteur, freiner un autre, réorienter des capitaux. Cette densité d'outils fait la force du modèle : une décision prise au centre devient rapidement des chantiers, des usines, des réseaux et des emplois. Pourquoi cette centralisation impressionne Elle impressionne parce qu'elle réduit les frictions. Pour les semi-conducteurs, les véhicules électriques ou le solaire, la séquence se répète : cap politique, financement massif, industrialisation à grande échelle, baisse des coûts, percée à l'export. Le pays peut ainsi mener des « campagnes » industrielles coordonnées, qui transforment en quelques années la structure de l'offre mondiale. L'effet est démultiplié par la taille de la Chine, son épargne abondante et l'intégration fine entre planification et financement. Le risque est connu : Quand tout l'appareil s'aligne sur une hypothèse erronée, l'erreur devient systémique avant d'être corrigée. Mais la Chine a suffisamment d'expérience pour éviter ce risque. Ce que cela change pour le monde Chaque plénum envoie un signal de cap aux marchés. S'il confirme la priorité à l'autonomie technologique et à la sécurité industrielle, attendez-vous à davantage d'investissements en usines de puces, batteries, data centers et IA, avec à la clé des prix tirés vers le bas et une concurrence plus rude. Sur l'énergie, la Chine peut accélérer simultanément les renouvelables et sécuriser du charbon pour amortir les chocs, influençant les cours des métaux et les flux logistiques. En commerce, la combinaison subventions + échelle industrielle pèse sur les marges des concurrents et recompose des pans entiers de chaînes de valeur, de l'Asie à l'Europe. Pour la Tunisie et ses voisins, ce cap détermine le coût de technologies clés — solaire, stockage, mobilité électrique — et les débouchés d'export vers un marché géant. Il conditionne aussi l'appétit d'investissement des groupes chinois dans les infrastructures, la logistique ou le numérique en Afrique du Nord. Saisir ces fenêtres exige de lire tôt les priorités de Pékin : où iront les capitaux, quels standards techniques s'imposeront, quelles compétences seront recherchées. C'est aussi anticiper les contre-coups : une montée de la concurrence prix sur certains biens, des cycles d'importation plus volatils, des normes de cybersécurité plus strictes. Vitesse d'exécution, lenteur de transparence La « méthode chinoise » conjugue discipline, ressources et continuité. Elle livre de la vitesse là où d'autres systèmes patinent. Mais cette efficacité immédiate ne remplace pas la confiance que confère la transparence. Pour les partenaires comme pour les investisseurs, la question n'est pas seulement ce que la Chine décide, mais comment elle l'ajuste en cours de route, quand la réalité — immobilière, financière ou sociale — contredit le plan. En attendant, le rideau se referme sur Jingxi jusqu'au prochain acte. Les phrases du communiqué plénier seront scrutées à la loupe : c'est dans leurs nuances que se lisent les futures courbes d'investissement, les batailles industrielles à venir et, finalement, une partie du destin économique de la planète. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!