The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Selon les données consolidées de l'institut Challenger, Gray & Christmas, reprises par Bloomberg, les entreprises américaines ont supprimé 946 426 emplois à fin septembre 2025. Ce total marque le plus haut niveau depuis la pandémie de 2020 et illustre la fin d'un cycle de stabilité dans l'emploi. Après plusieurs années de "rétention de main-d'œuvre" — les entreprises gardant leurs salariés pour éviter une nouvelle pénurie post-Covid — les grands groupes ont désormais amorcé une stratégie inverse : réduction massive des effectifs pour protéger les marges dans un contexte de ralentissement économique et d'automatisation accélérée. Les licenciements de septembre (54 064 postes supprimés) ont reculé de 37 % par rapport à août, mais la tendance reste structurellement négative : les experts estiment que le marché de l'emploi américain entre dans une nouvelle ère de contraction durable. Les grands noms de la tech et de la distribution en première ligne Les licenciements concernent tous les secteurs, du commerce à la technologie, en passant par l'industrie et les services publics : – Amazon : 14 000 emplois supprimés, principalement dans les divisions automatisées par l'intelligence artificielle. – Target : 1 800 postes supprimés en octobre pour améliorer la performance opérationnelle. – Starbucks : 900 suppressions en septembre, après une première vague en février. – Paramount Global : 1 000 postes supprimés après la fusion avec Skydance. – Molson Coors : 400 suppressions en raison du recul des ventes de bières allégées. – Secteur public américain : environ 300 000 postes supprimés depuis janvier, notamment dans les administrations locales et les écoles publiques. Ces chiffres traduisent une vague de rationalisation des effectifs, comparable à celle de 2008. Les dirigeants préfèrent désormais réduire la masse salariale plutôt qu'augmenter les prix, afin de préserver la compétitivité et la rentabilité face à la hausse du coût du capital. L'intelligence artificielle, nouveau catalyseur du changement Le rapport souligne un facteur déterminant : la montée en puissance de l'intelligence artificielle (IA) et de l'automatisation. Selon une enquête menée par la plateforme LinkedIn, 60 % des dirigeants d'entreprises pensent que l'IA remplacera une partie des emplois d'entrée de gamme d'ici deux ans. Dan North, économiste en chef chez Allianz Traders Americas, explique : « Nous ne sommes plus face à une série de licenciements ponctuels ; c'est une transformation profonde de la structure du marché du travail. » De nombreux cadres dirigeants estiment désormais que la technologie peut compenser la perte de main-d'œuvre humaine, notamment dans les services administratifs, le support client et la logistique. Cette mutation rapide inquiète une partie des économistes, qui redoutent une hausse du chômage structurel si l'IA continue à se diffuser sans politique d'accompagnement adaptée. Un marché du travail en transition délicate Malgré ces signaux d'alerte, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a cherché à rassurer. Il a déclaré que le ralentissement du marché du travail restait « progressif » et ne traduisait pas encore une entrée en récession. Cependant, plusieurs économistes estiment que la situation présente des similitudes inquiétantes avec celle de 2008, notamment si les demandes d'allocations chômage hebdomadaires dépassent le seuil de 260 000 (elles oscillent actuellement entre 220 000 et 240 000). Veronica Clark, analyste chez Citi Group, note que : « Nous sommes passés d'un modèle à faible embauche et faible licenciement à une phase de suppressions massives. » Corey Stahl, économiste chez Indeed, ajoute que « le risque devient réel lorsque les licenciements s'étendent aux secteurs du transport et de la distribution ». Le retour du travail temporaire Une autre tendance majeure émerge : la montée du travail intérimaire et flexible. Les entreprises préfèrent recruter temporairement pour éviter les engagements de long terme. D'après Noah Yousef, économiste principal à l'American Staffing Association, « la demande de main-d'œuvre intérimaire a bondi après trois années de stagnation ». Mais cette hausse, prévient-il, « n'est pas le signe d'une reprise, elle traduit la prudence extrême des employeurs face à l'avenir ». Pour de nombreux travailleurs, cette mutation se traduit par une précarité accrue. John Steigler, 65 ans, licencié après vingt ans dans une entreprise audiovisuelle de Chicago, témoigne : « Mon directeur m'a annoncé après une longue journée qu'il n'y avait plus de travail pour moi. Je suis proche de la retraite, mais mes collègues trentenaires ne savent pas ce qu'ils vont faire demain. » Un signal d'alerte pour la première économie mondiale La suppression de près d'un million d'emplois en neuf mois témoigne d'un virage structurel majeur du marché du travail américain. Entre automatisation, recherche de productivité et ralentissement global de la demande, l'économie des Etats-Unis entre dans une phase d'ajustement social qui pourrait peser sur la croissance dès 2026. Si l'IA et les innovations technologiques promettent une efficacité accrue, elles risquent aussi de creuser les écarts entre les travailleurs qualifiés et les autres, accentuant la fracture sociale au sein de la première économie mondiale. 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