The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Face à un protectionnisme grandissant, le fossé économique se creuse dangereusement, exacerbant la vulnérabilité des pays émergents. La baisse des financements internationaux, couplée aux multiples restrictions commerciales, frappe durement ces économies. Fortement dépendant du commerce extérieur, la Tunisie doit renforcer davantage son ouverture, tout en concentrant les attentions sur des piliers de l'économie tels l'emploi, l'éducation ou encore le climat des affaires. Un protectionnisme sélectif et ciblé Selon une note publiée par l'IACE intitulé « Quand le protectionnisme paye », le nouveau contexte économique mondial est marqué par le retour en force des politiques industrielles, incitant des nations comme la Tunisie à envisager un protectionnisme sélectif et ciblé, suivant l'exemple des résultats tangibles observés aux Etats-Unis. Face à un déficit du commerce des biens ou marchandises atteignant 52% en 2024 (les exportations ne couvrant que 48% des importations), la Tunisie est confrontée à l'impossibilité de continuer à importer de manière effrénée sans un contrôle qualitatif et quantitatif ciblé. Les déficits commerciaux avec la Chine, atteignant 48% du déficit total en 2024, et la Turquie (15%) sont particulièrement notables. La Tunisie pourrait s'inspirer de ce modèle en adoptant deux axes stratégiques principaux : la substitution aux importations et la réinstauration de la politique de compensation commerciale. Toutefois, il est crucial, selon la note, que les mesures protectionnistes soient sélectives (par branches d'activité) et non générales, privilégiant les mesures qualitatives (conformité aux normes, formes de financement) sur les mesures quantitatives (taxes). Cette approche progressive permettrait d'éviter des contradictions avec les clauses des accords d'association et de se concentrer principalement sur les produits importés d'Asie (Chine, Turquie). Priorité aux politiques industrielles sectorielles Pour accomplir son triple rôle de croissance, de durabilité et d'équité, l'Etat tunisien doit donner la priorité aux politiques industrielles sectorielles et aux mesures méso- et microéconomiques, dans un cadre de stabilité macroéconomique soutenu par des politiques fiscales et monétaires rigoureuses, martèle la note. Aujourd'hui, force est de constater que les Etats-Unis, qui ont imposé au monde le modèle du libre-échange, deviennent actuellement ses premiers fossoyeurs. Cette volte-face interroge quant au bien-fondé des politiques imposées aux pays du Sud dans les années 1980 et 1990. La Tunisie, comme tant d'autres nations émergentes, a payé le prix fort d'une ouverture précipitée. Mais l'heure n'est pas au fatalisme. Le retour du protectionnisme ouvre un espace de réflexion, et peut-être, d'action. Il s'agit moins de rejeter la mondialisation que de la réencadrer, de remettre l'industrie au cœur du développement, et de repenser les outils de souveraineté économique. Refaire l'expérience industrielle des années 1970 ? Oui, mais à la lumière des défis contemporains : écologiques, technologiques, et sociaux. Le protectionnisme n'est pas une nostalgie, c'est peut-être, dans certaines conditions, une lucidité. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!